‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 1236 sur 1238 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

HERMOCRATE, ÂRTHEiNICE, M»< SORBIN.

HBBMOCBATB, à Arihenice.

Vous l'emportez, madame, vous triomphez d'une résistance qui nous priverait du bonheur de vivre avec vous, et qui n'aurait pas duré longtemps si toutes les femmes de la colonie ressemblaient à la noble Arthenice. Sa raison, sa politesse, ses grâces et sa naissance nous auraient déterminé bien vtte; mais à vous parler franchement, le caractère de madame Sorbin, qui va partager avec vous le pouvoir de faire des lois, nous a d'abord arrêtés, non qu'on ne la croie femme de mérite à sa façon, mais la petitesse de sa condition, qui ne va pas ordinairement sans rusticité, disent-ils...

MADAME SORBIN

Tre dame ! ce petit personnage avec sa petite

condition...

HERMOCRATB.

Ce n'est pas moi qui parle, je vous dis ce qu'on a pensé; on ajoute même qu'Arthenice, polie comme elle l'est, doit avoir bien de la peine à s'accommoder de vous.

ARTHENICE, A part, à Hermocrate,

Je ne vous conseille pas de la fâcher.

HBRMOCRATE.

Quant à moi, qui ne vous accuse de rien, je m'en tiens à vous dire de la part de ces messieurs que vous aurez part à tous les emplois, et que j'ai ordre d'en dresser l'acte en votre présence ; mais, voyez avant que je commence, si vous avez encore quelque chose de particulier à demander.

ARTHENICE.

Je n'insisterai plus que sur un article.

MADAME SORBIN

Et moi de même; il y en a un qui me déplaît, et que je retranche, c'est la gentilhommerie : je la casse pour ôter les petites conditions; plus de cette baliverne-là.

ARTHENICE.

Comment donc, madame Sorbin, vous supprimez les nobles?

HBRMOCRATE.

J'aime assez cette suppression.

ARTHENICE.

Vous, Hermocrate?

HBRMOCRATE.

Pardon, madame, j'ai deux petites raisons pour cela, je suis bourgeois et philosophe.

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