LE DÉNOUEMENT IMPRÉVU, SCÈNE X
ÉRASTB.
Monsieur, tout le monde me dit que mademoiselle Ârgante est charmante, et tout le monde apparemment ne se trompe pas ; ainsi quand je demande à la voir sous cet habit-ci, ce n'est pas pour vérifier si ce que l'on m'a dit est vrai : mais peut-être, en m'épousant, ne fait-elle que vous obéir; cela m'inquiète; et je ne viens sous un autre nom l'assurer de mes respects, que pour t&cher d'entrevoir ce qu'elle pense de notre mariage.
M. ÀRGANTR.
He bien I je vais la chercher.
ÉRÀSTE.
Eh! de grâce, n'y allez point; je ne pourrais m'empêcher de soupçonner que vous l'auriez avertie. J'ai trouvé là-bas des ouvriers qui demandent à vous parler; si vous vouliez bien vous y rendre pour quelque temps.
H. ARGANTE
Mais...
KRASTE.
Je vous en supplie.
M. ARGANTE, à part.
Je ne saurais croire que ma fille ose m'offenser jusqu'à certain point, (il Ératte,) Je me rends.
ÊRASTB.
Il me suffira que vous disiez à un domestique qu'un de mes amis, qui m'a précédé, souhaiterait avoir l'honneur de lui parler.
M. ARGANTE
Holà ! Pierrot, Lisette !
maItre pierre et Lisette parament ioui dAux, Qu^est-ce qu'ous nous voulez donc?
Que quelqu'un de vous deux aille dire à ma fille que voici un des amis d'Éraste, et qu'elle descende.
maItrb pierre.
Ça ne se peut pas, aile a mal à son estomac et à sa tète.
LISETTE
Oui, monsieur; elle repose.
ERASTE
Je vous assure que je n'ai qu'un mot à lui dire.
MaItre PIERRE, à part.
Hélas ! comme il est douçoureux.
M. ARGANTE
Je viens de la quitter, et je veux qu'elle descende. Âllez-y, Lisette. [A maître Pierre.) Et toi, va-t'en. (X Erasie,) Je vous laisse pour vous satisfaire.
<// tort.)
ÊRASTE.
Je vous ai une véritable obligation. {Seul.) Ce commencement me. parait triste. J'ai bien peur que madeiùoiselle Argante ne se donne pas de bon cœur.