‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 126 sur 1238 · LE DÉNOUEMENT IMPRÉVU, SCÈNE X · texte numérisé non relu

LE DÉNOUEMENT IMPRÉVU, SCÈNE X

ÉRASTB.

Monsieur, tout le monde me dit que mademoiselle Ârgante est charmante, et tout le monde apparemment ne se trompe pas ; ainsi quand je demande à la voir sous cet habit-ci, ce n'est pas pour vérifier si ce que l'on m'a dit est vrai : mais peut-être, en m'épousant, ne fait-elle que vous obéir; cela m'inquiète; et je ne viens sous un autre nom l'assurer de mes respects, que pour t&cher d'entrevoir ce qu'elle pense de notre mariage.

M. ÀRGANTR.

He bien I je vais la chercher.

ÉRÀSTE.

Eh! de grâce, n'y allez point; je ne pourrais m'empêcher de soupçonner que vous l'auriez avertie. J'ai trouvé là-bas des ouvriers qui demandent à vous parler; si vous vouliez bien vous y rendre pour quelque temps.

H. ARGANTE

Mais...

KRASTE.

Je vous en supplie.

M. ARGANTE, à part.

Je ne saurais croire que ma fille ose m'offenser jusqu'à certain point, (il Ératte,) Je me rends.

ÊRASTB.

Il me suffira que vous disiez à un domestique qu'un de mes amis, qui m'a précédé, souhaiterait avoir l'honneur de lui parler.

M. ARGANTE

Holà ! Pierrot, Lisette !

maItre pierre et Lisette parament ioui dAux, Qu^est-ce qu'ous nous voulez donc?

Que quelqu'un de vous deux aille dire à ma fille que voici un des amis d'Éraste, et qu'elle descende.

maItrb pierre.

Ça ne se peut pas, aile a mal à son estomac et à sa tète.

LISETTE

Oui, monsieur; elle repose.

ERASTE

Je vous assure que je n'ai qu'un mot à lui dire.

MaItre PIERRE, à part.

Hélas ! comme il est douçoureux.

M. ARGANTE

Je viens de la quitter, et je veux qu'elle descende. Âllez-y, Lisette. [A maître Pierre.) Et toi, va-t'en. (X Erasie,) Je vous laisse pour vous satisfaire.

<// tort.)

ÊRASTE.

Je vous ai une véritable obligation. {Seul.) Ce commencement me. parait triste. J'ai bien peur que madeiùoiselle Argante ne se donne pas de bon cœur.

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