‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 176 sur 1238 · LA MARQUISE, LISETTE · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LISETTE

U marqmtg entre irhtemem tur la ieène; Liêctie la suit

$an$ qu'elle le tache.

Ahl Ahl

LA MARQUISE, **arrêiant et taupirant, U8ETTB, derrière elle.

LA MARQUISE

(}u*est-ce que j'entends là? Ah! c'est vousl

USETTE.

Oui, madame.

De quoi soupirez-yous?

LISETTE

Moi? de rien; vous soupirez: je prends cela pour une parole, et je vous réponds de môme.

LA MARQUISE

Fort bien ; mais qui est-ce qui vous a dît de me suivre?

USETTE.

Qai me Ta dit, madame ? Vous m'appelez, je tIcos; vous marchez, je vous suis : j'attends le reste.

LA MARQUISE

Je vous ai appelée, moi !

LISETTE

Oui, madame.

LA MARQUISE

Allez, vous rêvez, retournez- vous-en ; je n'ai pas besoÎQ de vous.

LISETTE

Retournez-vous-en 1 les personnes affligées ne doivent point rester seules, madame.

LA MARQUISE

Ce sont mes affaires, laissez-moi.

LISETTE

Cela ne fait qu'augmenter leur tristesse.

Ma tristesse me platt.

LISETTE

Et c'est à ceux qui vous aiment à vous secourir dans cet état-là; je ne veux pas vous laisser mourir de chagrin.

LA MARQUISE

Ah ! voyons donc où cela ira.

LISETTE

Pardi ! il faut bien se servir de sa raison dans la vie, et ne pas quereller les gens qui sont attachés à nous.

LA MARQUISE

Il est vrai que votre zèle est fort bien entendu ; pour m'empêcher d'être triste, il me met en colère.

LISETTE

Eh bien ! cela distrait toujours un peu : il vaut mieux quereller que soupirer.

LA MARQUISE

Ehl laissez-moi ; je dois soupirer toute ma vie.

LISETTE

Vous devez, dites-vous? Oh! vous ne paierez jamais cette dettc-Ià : vous êtes trop jeune, elle ne saurait être sérieuse.

LA MARQUISE

Eh ! ce que je dis là n'est que trop vrai : il n'y a plus de consolation pour moi, il n'y en a plus. Après deux ans de l'amour le plus tendre, épouser ce que l'on aime, ce qu'il y avait de plus aimable au monde; l'épouser et le perdre un mois après!

LISETTE

Un mois 1 c'est toujours autant de pris. Je connais une dame qui n'a gardé son mari que deux jours ; c'est cela qui est piquant.

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