CUPIDON, MERCURE, PLUTUS
ICBRCURE.
Ah! vous voilà, seigneur Cupidon. Je suis votre servileur.
PLUTUS
Bonjour, mon ami.
CUPIDON
Bonjour, Plutus. Seigneur Mercure, il y a aujourd'hui assemblée générale, et c'est vous qui avez averti tous les dieux, de la part de Jupiter, de se trouver ici.
MBBCUHX.
n est vrai.
Pourquoi donc n*ai-je rien su de cela, moi? Est-ce que je ne suis pas une divinité assez considérable?
MERCURE
Eh ! où vouliez- vous que je vous prisse 7 Vous êtes un coureur qu'on ne saurait attraper.
CUPIDON
Vous biaisez, Mercure. Parlez-moi franchement: étais-jc sur votre liste ?
MERCURE
Ma foi ! non. J'avais ordre exprès de yous oublier tout net.
CUPIDON
Moi! Et de qui l'aviez -vous reçu?
MERCURE
De Minerve, à qui Jupiter a donné la direction de l'assemblée.
PLUTUS
Oh ! de Minerve, la déesse de la sagesse? Ce n'est pas là un grand malheur. Tu sais bien qu'elle ne nous aime pas; mais elle a beau faire, nous avons un peu plus de crédit qu'elle : nous rendons les gens heureux, nous, morbleu ! et elle ne les rend que raisonnables.
CUPIDON
Apparemment que c'est elle qui vous a chargé du soin d'aller chercher le dieu de la tendresse, lui dont on ne se ressouvenait plus?
MERCURE
Vous l'avez dit, et ma commission portait même de lui faire de grands compliments.
CUPIDON, riant.
La belle ambassade I
PLUTUS
Va, va, mon ami, laisse-le venir, ce dieu de la tendresse; quand on le rétablirait, il ne ferait pas grande besogne; on n'est plus dans le goût de l'amoureux martyre; on ne l'a retenu que dans les chansons. Le métier de cruelle est tombé ; ne t'embarrasse pas de ton rival, je ne veux que de l'or pour le battre, moi.
CUPIDON
Je le crois. Mais je suis piqué. Il me prend envie de vider mon carquois sur tous les cœurs de l'Olympe.
MERCURE
Point d'étourderie. Jupiter est le maître : on pourrait bien vous casser ; car on n'est pas trop content de vous.
CUPIDON
Eh! de quoi peut-on se plaindre, je vous prie?
MERCURE
Ohl de tant de choses! Par exemple, il n*j a plus de tranquillité dans le mariage; vous lie sauriez laisser la tête des maris en repos; vous met-