CUPIDON, MERCURE, APOLLON
MERCURE
Qu'avez- vous, seigneur Apollon? vous avez l'aîr sombre.
APOLLON
Le retour du dieu de la tendresse me fâche. Je n'aime pas les dispositions où je vois que Minerve est pour lui. Je vous apprends qu'elle va bientôt l'amener ici, Cupidon.
CUPIDON
Et que veut-elle en faire?
APOLLON
Vous entendre raisonner tous les deux sur la nature de vos feux, pour juger lequel de vos dons on doit préférer dans celte occasion-ci : et c'est de quoi même je suis chargé de vous informer.
CUPIDON
Tant mieux, morbleu I tant mieux ; cela me divertira. Allez, il n'y a rien à craindre; mon confrère ne plaide pas mieux qu'il blesse.
MERCURE
Croyez-moi, allez pourtant vous préparer pendant quelques moments.
CUPIDON
C'est, parbleu! bien dit; je vais me recueillir chez Bacchus; il a du vin de Champagne qui est d'une éloquence admirable; j'y trouverai mon plaidoyer tout fait. Adieu^ mes amis; tenez-moi des lauriers tout prêts.