‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 245 sur 1238 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

MERCURE, CUPIDGiN.

CUPIDON, riant.

Ah ! ah I ah! ah ! la Vertu se laissait apprivoiser. Je la tenais déjà par la main, toute Vertu qu'elle est; et si elle me donnait encore un quart-d'heure d audience, je vous la garantirais mal nommée.

MERCURE

Oui : mais la Vertu est sage, et vous fuit.

CUPIDON

La belle ressource I

MERCURE

U n'y en a point d'autre avec un fripon comme vous.

Qu'est-ce donc, seigneur Mercure? Vous me donnez des épithètes! Vous vous familiarisez, petit commensal I

MERCURE

Quoi ! vous vous fâchez ?

CUPIDON

Oh 1 que non. Nous ne pouvons nous passer l'un de l'autre. Mais qu'en dites-vous ? Le dieu de la tendresse n'a pas beaucoup brillé, ce me semble?

MERCURE

Vous êtes un étourdi. Vous ne l'avez que trop battu, et je crains que vous n'ayez paru que trop fort. Gomment donc ! vous égratignez, en jouant, jusqu'à la Vertu même ! Oh I on ne vous choisira pas pour la cérémonie présente. Vous êtes trop remuant. Vous mettriez la Ville et la Cour sur un joli ton. J'entends quelqu'un; je suis sûr que c'est Minerve qui vient vous donner votre congé. C'est elle-môme.

Page 1