SCÈNE VI
LUGILE, sortant promptement du cabinet, DAMIS,
LISEITE.
Et moi du mien^ monsieur, je vous le promets; car je puis hardimentmemontreraprèsce que vous venez de dire ; allons, monsieur, le plus fort est fait; nous n'avons à nous craindre ni l'un ni l'autre: vous ne vous souciez point de moi, je ne me soucie pointde vous ; car je m'explique sur le môme ton, et nous voilà fort à notre aise ; ainsi convenons de nos faits; mettez-moi l'esprit en repos; comment nous y prendrons-nous? J'ai une sœur qui peut plaire; afTectez plus de goût pour elle que pour moi; peut-être cela vous sera-t-il aisé, et vous continuerez toujours. Ce moyen-là vous convient-il? Vaut-il mieux nous plaindre d'un éloignement réciproque? Ce sera comme vous voudrez; vous savez mon secret; vous êtes un honnête homme; expédions.
LISETTE
Nous ne barguignons pas, comme vous voyez ; nous allons rondement ; faites-vous de môme ?
LUCILE
Qu'est-ce que c'est que cette saillie-là qui me compromet?... Faites- vous de même?... Voulezvous divertir monsieur à mes dépens?
DAMIS
Je trouve sa question raisonnable, madame
LUCILE
Et moi, monsieur, je la déclare impertinente ; mais c'est une étourdie qui parle.
DAMI8.
Votre apparition me déconcerte, je l'avoue; je me suis expliqué d'une manière si libre, en parlant de personnes aimables, et surtout de vous, madame!
De moi, monsieur ? vous m'étonnez ; je ne sache pas que vous ayez rien à vous reprocher. Quoi donc I serait-ce d'avoir promis que je ne vous paraîtrais pas redoutable ? Eh I tant mieux; c'est m'avoir fait votre cour que cela. Comment donc 1 est-ce que vous croyez ma vanité attaquée ? Non, monsieur, elle ne l'est point : supposé que j'en aie, que vous me trouviez redoutable ou non, qu'estce que cela dit? Le goût d'un homme seul ne dé-