SCÈNE VI
FRONTIN, USETTE, DAMIS.
Ahl te voilà, Frontin! Bonjour, Lisette. De quoi mon père t'a-t-il chargé pour moi, Frontin? Il vient de m'averlir, sans vouloir l'expliquer, que tu avais quelque chose à me dire de sa part.
FRONTIN
Oui, monsieur, il s'agit de deux ou trois petits articles que je disais à Lisette, et qui ne sont pas fort curieux.
DAMIS
Dis^les sans les compter.
FRONTIN
Vous m'excuserez, le calcul arrange. Le premier, c'est qu'il ne veut plus entendre parler de vous.
DAMIS
Qui ? mon père I
FRONTIN
Lui-même. Mais ce n'est pas là l'essentiel ; le second, c'est qu'il vous déshérite.
DAMIS
Moi I ce que tu me dis là n'est pas concevable .
FRONTIN
Il ne m'a pas chargé de vous le faire concevoir. Enfin le troisième, c'est que les deux premiers seront nuls si vous épousez Phénice.
DAMIS
Quoi! l'on veut m'obliger...
Prenez garde, monsieur; ne confondons point, parlons exactement. Ma commission ne porte point qu'on vous oblige; on n'attaque point votre liberté, voyez-vous ! vous êtes le mattre d'opter entre Phénice ou votre ruine, et l'on s'en rapporte à votre choix.
LISETTE
La jolie grâce ! C'est que, sur le penchant qu'on vous croit pour elle, on ne veut pas que vous balanciez à l'épouser, après le refus que vous avez paru faire de sa sœur.
FRONTIN
Mais cette sœur, nous ne la refusons point, dans le fond; n'est-il pas vrai, monsieur?
DAMIS
Passe encore s'il était question d'elle.