LES SERMENTS INDISCRETS, ACTE III, SCÈNE VIL
LISETTB. I
£hl monsieur, que n'avez-vous parlé? Pourquoi ne m'avoir pas confié vos sentiments?
DAMIS
Mais, mes sentiments, quand ils seraient tels que vous les croyez, ne savez-vous pas bien les siens, Lisette?
Ne vous y trompez pas; depuis vos conventions, je ne la vois plus que triste et rêveuse.
FRONTIN
Je Tai rencontrée ce matin qui étouffait un soupir en s'essuyant les yeux.
LISETTE. I
Elle qui aimait sa sœur, et qui* était toujours avec elle, je la vois aujourd'hui la fuir et se détourner pour l'éviter. Qu'est-ce que cela signifie?
FRONTIN
Et moi, quand je la salue, elle a toujours envie de me le rendre. D'où vient cela, sinon de l'honneur que j*ai d*être à vous?
USETTE.
Tu n'as pas peut-être tant 4e tort. Au moins, monsieur, je vous demande le secret; profitez-en, voilà tout.
DAMIS
Je vous l'avoue, Lisette, tout ce que vous me dites là, si vous êtes sincère, pourrait m'être d'un bon augure; et si j'osais soupçonner la moindre des dispositions dans son cœur...
FRONTIN
Iriez-vous lui donner le vôtre? Ah! monsieur, le beau présent que vous lui feriez là !
DÀMIS.
Écoutez; c'est pourtant cette même personne qui, au premier instant qu'elle m*a vu, a marqué assez nettement de l'aversion pour moi, qui m'a fait soupçonner qu*elle aimait ailleurs!
USETTE.
Purs discours de mauvaise humeur qu'elle a tenus là, je vous assure.