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LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ, ACTE I, SCÈNE III

jeunes gens du bel air, il ii*y a rien de si bourgeois que d*être raisonnable.

HORTKNSE.

Pcul-êlre aussi ne suis-je pas de son goût?

MAHTON.

Je ne suis pas de ce sentiment-là, ni vous non plus; non : tel que vous le voyez, il vous aime; ne Tai-je pas fait rougir hier, moi, parce que je l'ai surpris comme il vous regardait à la dérobée alteutivement? Voilà déjà deux ou trois fois que je le prends sur le fait.

HORTBKSB.

Je voudrais être bien sûre de ce que tu me dis

là.

MARTON

3h! je m*y connais; cet homme-là vous aime, TOUS dis-je, et il n'a garde de s*en vanter, parce que vous n'allez être que sa femme; mais je soutiens qu'il étouflTe ce qu'il sent, et que son air de pelit-maltre n'est qu'une gasconnade avec vous.

HORTENSB.

Eh bien, je ^avouerai que cette pensée m*est venue comme à toi.

MARTON

Eh! par hasard, n'auriez-vous pas eu la pensée que vous l'aimez aussi ?

Moi, MartoQ? .

MARTON

Oui, c'est qu'elle m'est encore venue ; voyez.

HORTENSB.

Franchement, c'est grand dommage que ses faroDs nuisent au mérite qu'il aurait.

MARTON

Si on pouvait le corriger!

HORTENSB.

El c'est à quoi je voudrais tâcher; car, s'il m'aime, il faudra bien qu'il me le dise franchement, et qu'il se défasse d'une extravagance dont je pourrais être la victime quand nous serons mariés; sans quoi je ne l'épouserai point. Commençons par nous assurer qu'il n'aime point ailleurs, et que je lui plais; car, s'il m'aime, j'aurai beau jeu contre lui, et je le tiens pour à moitié corrigé; la peur de me perdre fera le reste. Je t'ouvre mon cœur; i! me sera cher s'il devient raisonnable. Je n'ai pas trop le temps de réussir, mais il en arrivera ce qui pourra; essayons; j'ai besoin de toi, tu es adroite; interroge son valet, qui me parait assez familier avec son maître.

MARTON

G*està quoi je songeais; mais il y a une petite difficulté à cette commission-là; c'est que le mattre a gâté le valet, et Frontin est le singe de Rosimond; ce faquin croit apparemment m'épouser aussi, et se donne, à cause de cela, les airs d'en agir cavalièrement et de soupirer tout bas; car, de son côte, il m'aime.

Maïs il te parle quelquerois.

MARTON

Oui, comme à une soubrette de campagne; mais n'importe, le voici qui vient à nous; laissez-nous ensemble; je travaillerai à le faire causer.

HORTENSB.

Surtout, conduis-toi si adroitement, qu'il ne puisse soupçonner nos intentions.

MARTON

Ne craignez rien; ce sera tout en causant que je m'y prendrai; il m'instruira sans qu'il le sache.

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