LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ, ACTE III, SCÈNE V
pour nous à présent quelques mesures à prendre, qui ne demandent pas que vous soyez présente, et que je manquerais si vous ne me laissiez pas.
DORIMÈNB.
Qu*est-ce que c*estque ces mesures? Dites-lesmoi en deux mots.
BOSIMOND.
Je ne saurais; je n*en ai pas le temps.
DORIMÈNE
Donnez-m*en la moindre idée; ne faites rien sans conseil; vous avez quelquefois besoin qu'on vous conduise, marquis; voyons le parti que vous prenez.
BOSmOND.
Vous me chagrinez. {A pan.) Que lui diraîs-je?... (Hwu) C'est que je veux ménager un raccommodement entre vous et ma mère.
DOBmÊNB.
Cela ne vaut rien ; je n'en suis pas encore d'avis; écoutez-moi.
BOSIMOND.
Ehl morbleu! ne vous embarrassez pas; c'est un mouvement qu'il faut que je me donne.
DORIMÈNE
D'où vient le faut-il?
BOSIMOND.
C*est qu'on croirait peut-être que je regrette Hortense, et je veux qu'on sache qu'elle ne me refuse que parce que j'aime ailleurs.
DOBIMBNB.
Eh bieni il n'en sera que mieux que je sois présente ; la preuve de votre amour en sera encore plus forte, quoiqu'à vrai dire, elle soit inutile; ne sait-on pas que vous m'aimez? Cela est si bien établi et si croyable!
BOSIMOND.
Eh ! de grâce, madame, allez-vous-en. {A pari.) Ne pourrai-je l'écarter?
DORIMKNE.
Attendez-donc; ne pouvez-vous m'épouser qu'avec l'agrément de votre mère? Il serait plus flatteur pour moi qu'on s'en passât, si cela se peut; d'ailleurs, c'est que je ne me raccommoderai point ; je suis piquée.
BOSIMOND.
Restez piquée; soit; ne vous raccommodez point, ne m'épousez pas, mais retirez-vous pour un moment.
DOBIMBNB.
Que vous êtes entêté!
BOSIMOND, à part.
L'incommode femme!
DOBIMBNB.
Pailons raison. A qui vous adressez-vous?
BOSIMOND.
Puisque vous voulez le savoir, c'est à Hortense que j'attends, et qui arrive, je pense.
DOBIMBNB.
Je vous laisse donc, à condition que je revien-
drai savoir ce que vous aurez conclu avec elle, entendez-vous?
BOSIMOND.
Eh! non, tenez-vous en repos; j'irai vous le dire.