SCÈNE V
ROSIMOND, HORTENSE, MARTON.
MABTON, en entrant, à Horfeme,
Madame, n'hésitez point à entretenir monsieur le marquis; il m'a assuré qu'il ne serait point question d'amour entre vous, et que ce qu'il a à vous dire ne concerne uniquement que Dorimène; il m'en a donné sa parole.
BOSIMOND, à part.
Le préambule est fort nécessaire 1
HOBTENSB.
Vous n'avez qu'à rester, Marton.
BOSIMOND, à part.
Autre précaution!
MABTON, à part.
Voyons comment il s'y prendra.
HORTENSE
Que puis-je faire pour obliger Dorimène, monsieur?
BOSIMOND, à part.
Je me sens ému... {Haut.) II ne s'agit plus de rien, madame; elle m'avait prié de vous engager à disposer l'esprit de ma mère en sa faveur; mais ce n'est pas la peine, cette démarche-là ne réussirait pas.
HOBTENSB.
J'en ai meilleur augure. Essayons toujours; mon père y songeait, et moi aussi, monsieur; ainsi, comptez tous deux sur nous. Est-ce là tout?
BOSIMOND.
J'avais à vous parler de son billet qu'on a trouvé, et je venais vous protester que je n'y ai point de part, que j'en ai senti tout le manque de raison, et qu'il m'a touché plus que je ne puis le dire.
MABTON, riant.
Hélas!
HOBTENSB.
Pure bagatelle qu'on pardonne à l'amour !
BOSIMOND.
C'est qu'assurément vous ne méritez pas la façon de penser qu'elle y exprime, vous ne la méritez
MABTON, à part.
Vous ne la méritez pas!
HOBTENSB.
Je vous jure, monsieur, que je n'y ai point pris garde, et que je n'en agirai pas moins vivement dans cette occasion-ci. Vous n'avez plus rien à me dire, je pense?
BOSIMOND.
Notre entretien vous est si à charge, que j'hésite de le continuer.