‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 395 sur 1238 · S6LÉ · texte numérisé non relu

S6LÉ

Carîse et Mesrou sont pourtant de bonnes gens.

AZOR

Ils ne veulent que notre bien ; j'allais vous parler d'eux et de ce conseil qu'ils nous ont donné.

ÉGLÉ

Sur ces absences, n'est-ce pas? J'y révais aussi.

Oui, mon Églé, leur prédiction me fait quelque peur; je n'appréhende rien de ma part; mais n'allez pas vous ennuyer de moi au moins, je serais désespéré.

Prenez garde à vous-même, ne vous lassez pas de m'adorer; en vérité, toute belle que je. suis, votre peur m'effraie aussi.

AZOR

A merveille! ce n'est pas à vous de trembler... A quoi rêvez-vous?

É6LR.

Allons, allons, tout bien examiné, mon parti est pris; donnons-nous du chagrin; séparonsnous pour deux heures; j'aime encore mieux votre cœur et son adoration que votre présence, qui m'est pourtant bien douce.

AZOR

Quoil nous quitter!

ÉGLR.

Ah I si vous ne me prenez pas au mot, tout à l'heure je ne le voudrai plus.

AZOR

Hélas ! le courage me manque.

ÉGLÉ

Tant pis, je vous déclare que le mien se passe.

AZOR, pleurant.

Adieu, Églé, puisqu'il le faut.

Vous pleurez? eh bien! restez donc, pourvu qu'il n'y ail point de danger.

AZOR

Mais, s'il y en avait!

ÉGLé.

Partez donc.

AZOR

Je m'enfuis.

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