‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 41 sur 1238 · DÉMOCRITE, PHILINE, TOINETTE · texte numérisé non relu

DÉMOCRITE, PHILINE, TOINETTE

DBMOGRITE.

Je Tcux être obéi : votre jeune cervelle Pour l'utile, aujourd'hui, choisit la bagatelle. Gléandre, ce mignon, à vos yeux est charmant : Mais il faut l'oublier, je vous le dis tout franc. Vous rechignez, je crois, petite créature! Ces morveuses, à peine ont-elles pris figure Qu'elles sentent déjà ce que c'est que Tamour. Eh bien donc ! vous serez mariée en ce jour. Il s'offre trois partis : un homme de finance; Un jeune chevalier, le plus noble de France, Et Arîste, qui doit arriver aujourd'hui. Je le souhaiterais, que vous fussiez à lui. n a de très-grands biens, il est près du village; Il est vrai que l'on dit qu'il n'est pas de votre âge : Mais quimporle après tout? La jeune de Faubon Cn^est-elle moins bien pour avoir un barbon? Non. Sans aller plus loin, voyez votre cousine; Arec son vieil époux sans cesse elle badine; Elle saute, elle rit, elle danse toujours. Ma fille, les voilà les plus charmants amours. Nous verrons aujourd'hui ce que c'est que cet homme. Pour les autres, je sais aussi comme on les nomme : lis doivent, sur le soir, me parler tous les deux. Ma fille, en voilà trois; choisissez l'un d'entre eux; Je le veux bien encor : mais oubliez Cléandre; Cest un colifichet qui voudrait nous surprendre. Dont les biens, embrouillés dans de très-grands procès, Peut-être ne viendront qu'après votre décès.

PBILINB.

Si mon cœur...

DBMOGRITE.

Taisez-vous; je veux qu'on m'obéisse.

Vous suivez sottement votre amoureux caprice; C'est faire votre bien que de vous résister, Et je ne prétends point ici vous consulter. Adieu.

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