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FÉLICIE, SCÈNE X

LUGIOOB.

Vous avez trop de bonté pour me tenir si longtemps inquiet de mon sort, et \ous ne Tavez éloigoée que pour m*en éclaircir.

riuciE.

J*aToue que, si elle y était, je n*oserais jamais TOUS dire le plaisir que j*ai à vous voir.

LUCIDOR.

Je sois donc un peu aimé?

FÉLicns.

Presque autant qu'aimable.

Vousm*aimez?

FÉLICIB.

Je TOUS aime, et j'avais grande envie de vous le dire ; rappelons ma compagne.

LuanoR.

Pas encore.

F^UCIB.

Comment pas encore? je vous aime, mais voilà tout.

LUCIDOR.

Atteodez ce qui me reste à vous dire; il n*en sera que ce que vous voudrez.

FÉUCIE.

Oui, oui, que ce que je voudrai I Je n'ai pourtant fait jusqu'ici que ce que vous avez voulu.

LUCIDOR.

ÉcoQtez-moî, charmante Félicie! N'est-ce pas toujours à la personne que l'on aime qu'il faut se marier?

FiLIGIR.

Qui est-ce qui a jamais douté de cela?

LUCIDOR,

Et pour qui se marie-t-on?

FâuaB.

Pour soi-même, assurément.

On est donc, à cet égard-là, les maîtres de sa destÎDée?

Fâucu.

Avec l'avis de ses parents, pourtant.

LucrooR.

Souvent ces parents, en disposant de nouSf ne s'embarrassent guère de nos cœurs.

FÉLiaB.

Vous avez raison.

LUCIDOR.

Trouvez-vous qu'ils ont tort?

FÉLICIB.

Uo très-grand tort.

LUCIDOR.

M'en croirez-vous? Prévenons celui que nos parents pourraient avoir avec nous. Les miens me ehérissent et seront bientôt apaisés; assuronsr- DODS d'one union éternelle autant que légitime; on peot nous marier ici ; et quand nous serons époux, il faudra bien qu'ils y consentent.

FÉLICIB.

Ah! vous me faites frémir, et par bonheur ma compagne n'est qu'à deux pas d'ici.

LUCIDOR.

Quoi ! vous frémissez de songer que je serais votre époux?

FÉLICIB.

Mon époux, Lucidorl Voulez-vous que mon cœur soit la dupe de ce mot-là? Vous devriez craindre vous-même de me persuader. N'est-il pas de votre intérêt que je sois estimable, et l'estime que je mérite encore, que deviendrait-elle? Vous permettre de m'aimer, vous l'entendre dire, vous aimer moi-même, à la bonne heure, passe pour cela; s'il y entre de la faiblesse, elle est excusable; on peut être tendre et pourtant vertueuse; mais vous me proposez d'être insensée, d'être extravagante, d'être méprisable 1 oh! je suis fâchée contre vous; je ne vous reconnais point à ce trait-là.

LuanoR.

Vous parlez de vertu, Félicie; les dieux me sont témoins que je suis aussi jaloux de la vôtre que vous-même, et que je ne songe qu'à rendre notre séparation impossible.

FÉUCIB.

Et moi, je vous dis, Lucidor, que c'est larendre immanquable; non, non, n'en parlons plus; je ne consentirai jamais à cela; tout ce que je puis faire, c'est de vous pardonner de me l'avoir dit.

LUCIDOR, à genoux.

Félicie, vous défiez-vous de moi? Ma probité vous est-elle suspecte? Ma douleur et mes larmes n'obtiendront-elles rien?

FÉLICIB.

Quel malheur que d'aimer I Qu'on me l'avait bien dit, et que je mérite bien ce qui m'arrive !

LuanoR.

Vous me croyez donc un perfide?

FÉuaB.

Je ne crois rien, je pleure. Adieu, trop imprudente Félicie, me disait cette dame en partant. Oh! que cela est vrai !

LUCIDOR.

Pouvez-vous abandonner notre amour au hasard?

FÉLICIB.

Se marier de son chef, sans consulter qui que ce soit au monde, sans témoins de ma part! car je ne connais personne ici; quel mariage!

LuanoR.

Les témoins les plus sacrés ne sont-ils pas votre cœur et le mien ?

FÉLICIB.

Oh! pour nos cœurs, ne m'en parlez pas, je ne m'y fierai plus; ils m'ont trompée tous deux.

LUCIDOR.

Vous ne voulez donc point m'épouser?

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