‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 476 sur 1238 · M"« AMELIN, ARAMINTE, ÉRASTE · texte numérisé non relu

M"« AMELIN, ARAMINTE, ÉRASTE

ÉRASTE

Vous m'avez ordonné de revenir; que voulezvous, madame? La compagnie vous attend.

MADAME AMBLIN.

Qu'elle m'attende, mon neveu; je ne suis pas près de la rejoindre.

ÉRASTE

Vous me paraissez bien sérieuse, madame; de quoi s'agit-il?

MADAME AMBLIN, montrant Âraminte.

Éraste, que pensez-vous de madame?

Moi? ce que tout le monde en pense; que madame est fort aimable.

ARAMINTE

La réponse est flatteuse.

1ÊRASTE.

Elle est toute simple.

MADAME AMBLIN.

Mon neveu, son cœur et sa main, joints à trente mille livres de rente, ne valent-ils pas bien qu*on s'attache à elle?

ÉRASTE

Y a-t-il quelqu'un à qui il soît besoin de persuader cette vérité-là?

MADAME AMELIN

Je suis charmée de vous en voir si persuadé vous-même.

ÉRASTE

A propos de quoi en èles-vous si charmée, madame?

MADAME AMELIN

C'est que je trouve à propos de vous marier avec elle.

ÉRASTE

Moi, ma tante? vous plaisantez, et je suis sôr que madame ne serait pas de cet avis-là.

MADAME AMELIN

C'est pourtant elle qui me le propose.

ÉRASTE

Dem'épouserl vous, madame^

ARAMINTE

Pourquoi non, Éraste? cela me paraîtrait assez convenable; qu'en dites-vous?

MADAME AMELIN

Ce qu*il en dit? En êtes-vous en peine?

ARAMINTE

Il ne répond pourtant rien.

MADAME AMBLIN.

C'est d'étonnement et de joie, n*est-ce pas, mon neveu ?

ÉRASTE

Madame...

MADAME AMELIN

Quoi?

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