SCÈNE VIII
M»« AMEL1N , ARAMINTE.
MADAME AMEUN, un moment $eule,
VoQs avez pourtant beaa dire, madame Argante; j'ai voulu rire, et je rirai.
ABAMINTE.
Eh bieiil ma chère, où en est notre comédie? Ya-l-on la jouer?
MADAME AMELQT.
Non; madame Argante veut qu'on rende Targeut à la porte.
ARAMniTE.
Gomment! elle s*oppose à ce qu'on joue celle
pièce?
MADAME AMBLIN.
Sans doute; on la jouera pourtant, ou celle-ci, 00 une autre. Tout ce qui arrivera de ceci, c'est qu*au lieu de la lui donner, il faudra qu'elle me la donne et qu'elle la joue, qui pis est^ et je vous prie de m'y aider.
ARAMINTE
Il sera curieux de la voir monter sur le théâtre! Quant à moi, je ne suis bonne qu'à me temr dans ma loge.
MADAME AMBLIN.
Écoutez-moi; je vais feindre d'être si rebutée da peu de complaisance qu'on a pour moi, que je paraîtrai renoncer au mariage de mon neveu avec
Angélique.
ARAMINTE
Votre neveu est, en effet, un si grand parti
pour elle...
MADAME AMBLIN.
Que la mère n'avait osé espérer que je consentisse. Jugez de la peur qu*clle aura, et des démarches qu'elle va faire? Jouera-t-elle bien son rôle?
ARAMINTE
Oh! diaprés nature.
MADAME AMBLIN, riant.
Mon neveu et sa maîtresse seront-ils, de leur côté, de bons acteurs, à votre avis? Car ils ne sauront pas que je me divertis, non plus que le reste des acteurs.
ARAMINTE
Cela sera plaisant; mais il n'y a que mon rôle qui m'embarrasse. A quoi puis-je vous être bonne?
MADAME AMBLIN.
Vous avez trois fois plus de bien qu'Angélique; vous êtes veuve, et encore jeune. Vous m'avez fait confidence de votre inclination pour mon neveu ; tout est dit. Vous n'avez qu'à vous conformer à ce que je vais faire. Voici mon neveu, et nous en sommes à la première scène; êtes-vous prête?
ARAMINTE
Oui.