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SCÈNE II

LÉLIO, ARLEQUIN, tous deux tTun air tritu.

LELIO

Le temps est sombre aujourd'hui.

ARLEQUIN

Ma foi, oui; il est aussi mélancolique que nous.

LELIO

Oh! on n'est pas toujours dans la même disposition; l'esprit aussi bien que le temps, est sujet à des nuages.

Pour moi, quand mon esprit va bien, je ne m'embarrasse guère du brouillard.

Léuo.

Tout le monde est assez de même.

ARLEQUIN

Mais je trouve toujours le temps vilain, quand je suis triste.

LÈIAO.

C'est que tu as quelque chose qui te chagrine.

ARLEQUIN

Non.

LÉUO.

Tu n'as donc point de tristesse.

ARLEQUIN

Si fait.

uiuo.

Dis donc pourquoi?

ARLEQUIN

Pourquoi? En vérité, je n*en sais rien; c'est peut-être que je suis triste de ce que je ne suis pas gai.

IJiLIO.

Va, tu ne sais ce que tu dis.

ARLEQUIN

Avec cela, il me semble que je ne me porte pas bien.

Ah! si tu es malade, c'est une autre afTairc.

ARLEQUIN

Je ne suis pas malade non plus.

Léuo.

Es-tu fou? Si tu n'es pas malade, comment trouves-tu donc que tu ne te portes pas bien?

ARLEQUIN

Tenez, monsieur, je bois à merveille , je mange de même, je dors comme une marmotte; voilà ma santé.

LÉLIO

C'est une santé de crocheteur; un hoonctc homme serait heureux de l'avoir.

ARLEQUIN

Cependant je me sens pesant et lourd; j'ai une fainéantise dans les membres ; je bâille sans sujet; je n'ai du courage qu'à mes repas ; tout me déplaît Je ne vis pas, je traîne; quand le jour est veau, je voudrais qu'il fût nuit; quand il est nuit, je

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