‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 523 sur 1238 · LA COMTESSE, COLOMBINE, ARLEQUIN · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, COLOMBINE, ARLEQUIN

LA COMTESSE, parlant de LéUo.

Voilà un jeune homme bien sauvage.

COLOMRINE, arrêtant Arlequin,

Un petit mot, s'il vous plalt. Oserait-on vous demander d'où vient cette férocité qui vous prend à vous et à votre maître ?

ARLEQUIN

A cause d'un proverbe qui dit que chat éebaudé craint l'eau froide.

LA COMTESSE

Parle plus clairement. Pourquoi nous Tuit-il?

ARLEQUIN

Cest que nous savons ce qu'en vaut l'aune.

COLOMBINE

Remarquez-vous qu'il n'ose nous regarder, madame? Allons, allons, levez la tète, et rendez-nous compte de la sottise que vous venez de faire.

ARLEQUIN, la regardant doucement.

Parla Jarni ! qu'elle est jolie !

LA COMTESSE

Laisse-le là; je crois qu'il est imbécile.

COLOMBINE

Et moi, je crois que c'est malice. Parlcras-tu?

ARLEQUIN

C'est que mon maître a fait vœu de fuir les femmes parce qu'elles ne valent' rien.

COLOMRINB.

Impertinent !

ARLEQUIN

Ce n'est pas votre faute, c'est la nature qui vous a bâties comme cela ; et moi, j'ai fait vœu aussi. Nous avons souflert comme des misérables à cause de votre bel esprit, de vos jolis charmes, et de votre tendre cœur.

COLOMBINE

Hélas! quelle lamentable histoire! Et comment te tireras- tu d'aflaire avec moi?Jesuis une espiègle, et j'ai envie de te rendre un peu misérable de ma façon.

ARLEQUIN

Prrrr! il n'y a pas pied.

LA COMTESSE

Là, mon ami ; va dire à ton maître que je me soucie fort peu des hommes, mais que je souhaiterais lui parler.

ARLEQUIN

Je le vois là qui m'attend ; je m*en vais l'appeler.

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