LA COMTESSE, COLOMBINE, ARLEQUIN
LA COMTESSE, parlant de LéUo.
Voilà un jeune homme bien sauvage.
COLOMRINE, arrêtant Arlequin,
Un petit mot, s'il vous plalt. Oserait-on vous demander d'où vient cette férocité qui vous prend à vous et à votre maître ?
ARLEQUIN
A cause d'un proverbe qui dit que chat éebaudé craint l'eau froide.
LA COMTESSE
Parle plus clairement. Pourquoi nous Tuit-il?
ARLEQUIN
Cest que nous savons ce qu'en vaut l'aune.
COLOMBINE
Remarquez-vous qu'il n'ose nous regarder, madame? Allons, allons, levez la tète, et rendez-nous compte de la sottise que vous venez de faire.
ARLEQUIN, la regardant doucement.
Parla Jarni ! qu'elle est jolie !
LA COMTESSE
Laisse-le là; je crois qu'il est imbécile.
COLOMBINE
Et moi, je crois que c'est malice. Parlcras-tu?
ARLEQUIN
C'est que mon maître a fait vœu de fuir les femmes parce qu'elles ne valent' rien.
COLOMRINB.
Impertinent !
ARLEQUIN
Ce n'est pas votre faute, c'est la nature qui vous a bâties comme cela ; et moi, j'ai fait vœu aussi. Nous avons souflert comme des misérables à cause de votre bel esprit, de vos jolis charmes, et de votre tendre cœur.
COLOMBINE
Hélas! quelle lamentable histoire! Et comment te tireras- tu d'aflaire avec moi?Jesuis une espiègle, et j'ai envie de te rendre un peu misérable de ma façon.
ARLEQUIN
Prrrr! il n'y a pas pied.
LA COMTESSE
Là, mon ami ; va dire à ton maître que je me soucie fort peu des hommes, mais que je souhaiterais lui parler.
ARLEQUIN
Je le vois là qui m'attend ; je m*en vais l'appeler.