SCÈNE III
j*aie vue de ma vie. Si j'étais capable d*en aimer quelqu'une, ce serait elle.
ARLEQUIN
Par la morbleu ! j'ai peur que ce tour-là ne vous joue un mauvais tour.
LÉLTO.
Oh I non ; Téloignement qu'elle a pour moi me donne, en vérité, beaucoup d'estime pour elle; cela est dans mon goût. Je suis ravi que la proposition vienne d'elle; elle m'épargne, à moi, la peine de la lui faire.
Pour cela, oui; notre dessein était de lui dire que nous ne voulions plus d'elle.
GOLOMBINB.
Quoi? ni de moi non plus?
ARLEQUIN
Oh ! je suis honnête ; je ne veux point dire aux gens des injures à leur nez.
GOLOMBINB.
Eh bieni monsieur, faites-vous réponse?
LBLIO.
Oui, ma chère enfant, j'y cours; vous pouvez lui dire, puisqu'elle choisit le papier pour le champ de bataille de nos conversations, que j'en ai près d'une rame chez moi, et que le terrain ne manquera pas de longtemps.
ARLBQUIN.
Eh! eh 1 eh I nous verrons à qui aura le dernier.
GOLOMBINB.
Vous êtes distrait, monsieur; vous me dites que vous courez faire réponse, et vous voilà encore.
LÉLIO
J'ai tort; j'oublie les choses d'un moment à l'autre. Attendez là un instant.
GOLOMBINB, Vatrétant.
C'est-à-dire, que vous êtes bien charmé du parti que prend ma maltresse?
Pardi I cela est admirable!
LÉLIO
Oui, assurément, cela me fera plaisir.
GOLOMBINB.
Cela se passera. Allez.
LBUO.
Il faut bien que cela se passe.
ARLEQUIN
Emmenez*moi avec vous ; car je ne me fie point à elle.
GOLOMBINB.
Oh ! je ne consentirai point à demeurer seule; je veux causer.
LéLIO.
Fais-lui l'honnêteté de rester avec elle; je vais revenir.