‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 553 sur 1238 · LA SURPRISE DE L'AMOUR, ACTE III, SCËNE V · texte numérisé non relu

LA SURPRISE DE L'AMOUR, ACTE III, SCËNE V

COLOMBINB. I

Oh ! je te réponds qu'il Ta grand train. Mais voici (OD maître; laisse-moi faire.

LÉLIO

Colombine, où est madame la comtesse? Je souhaiterais lui parler.

COLOMBINB.

Madame la comtesse Ta, je pense, partir tout à rbeure pour Paris.

Quoi? sans me Toir? sans me l'aToir dit?

COLOMBINB.

C*est bien à tous à Toir cela! N'aTez-Tous pas dessein de Tivre en sauTage? De quoi tous plaignez-Tous?

LBLIO.

De quoi je me plains? La question est singulière, mademoiselle Golombinel Voilà donc le penchant que TOUS lui connaissiez pour moil Partir sans me dire adieu I Et tous Toulez que je sois un homme de bon sens, et que je m'accommode de cela, moi? Non, les procédés bizarres me révolteront toujours.

COLOMBINB.

Si elle ne tous a pas dit adieu, c'est, qu'entre amis on en agit sans façon.

LBLIO.

Amis! Oh! doucement; joTeux duTrai dans mes amis, des manières franches et stables, et je n'en trouTe point là. DorénaTant je ferai mieux de n'être ami de personne ; car je Tois bien qu'il n'y a que dn faux partout.

COLOMBINB.

Lui ferai-je tos compliments?

ARLEQUIN

Gela sera honnête.

LBUO.

Et moi, je ne suis point aujourd'hui dans le goût d'être honnête; je suis las de la bagatelle.

COLOMBINB.

Je vois bien que je ne ferai rien par la feinte;

il vaut mieux tous parler franchement. Monsieur,

madame la comtesse ne part pas ; elle attend, pour

se déterminer, qu'elle sache si tous l'aimez ou

non ; mais dites-moi naturellement Tous-même ce

qui en est; c'est le plus court.

LÉLIO

Cest le plus court, il est Trai; mais j'y trouTo poartant de la difficulté ; car enfin, dirai-je que je ne l'aime pas?

COLOMBINB.

Oui, si vous le pensez.

Léuo.

Hais madame la comtesse est aimable, et ce serait nae grossièreté.

ABLBQUIN.

Tirez votre réponse à la courte paille.

COLOMBINB.

Eh bien ! dites que vous Taimez.

LBLIO.

Mais, en vérité, c'est une tyrannie que cette alternative-là. Si je vais dire que je l'aime, cela dérangera peut-être madame la comtesse ; cela la fera partir. Si je dis que je ne l'aime point...

Peut-être aussi partira-t-elle.

LéLIO.

Vous voyez donc bien que cela est embarrassant.

COLOMBINB.

Adieu, je vous entends; je lui rendrai compte de votre indifférence, n'est-ce pas?

LÉUO.

Mon indifférence! Voilà un beau rapport, et cela me ferait un joli cavalier! Vous décidez bien cela à la légère. En savez-vous plus que moi?

COLOMBINB.

Déterminez-vous donc.

LÉLIO

Vous me mettez dans une désagréable situation. Dites-lui que je suis plein d'estime, de considération et de respect pour elle.

ARLEQUIN

Discours de Normand que tout cela.

COLOMBINB.

Vous me faites pitié.

LÉLIO

Qui? moi?

COLOMBINB.

Oui, et vous êtes un étrange homme de ne m'avoir pas confié que vous l'aimiez.

LÉLIO

Eh! Golombine, le savais-je?

ABLBQUIN.

Ce n'est pas ma faute, je vous en avais averti.

LÉLIO

Je ne sais où je suis.

COLOMBINB.

Ah! vous voilà dans le ton; songez à dire toujours de même ; entendez-vous, monsieur de l'ermitage?

LÉLIO

Que signifie cela?

COLOMBINB.

Rien; sinon que je vous ai donné la question, et que vous avez jasé dans vos souffrances. Tenezvous gai, l'homme indifférent; tout ira bien. Arlequin, je te le recommande; instruis-le plus amplement; je vais chercher l'autre.

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