SILVIA, FLAMINIA, ARLEQUIN
SILVIA, accourant avec joie.
Ah! le voici. Ehl mon cher Arlequin, c'est donc vous! Je vous revois donc! Le pauvre enfant I que je suis aise!
ARLEQUIN
Et moi aussi. Oh I oh I je me meurs de joie.
SILVU.
Là, là, mon fils, doucement. U m'aime ; quel plaisir d'être aimée comme cela l
FLAHINIA.
Vous me ravissez tous deux, mes chers enfants, et vous êtes bien aimables de vous être si fidèles. [ttot,) Si quelqu'un m'entendait dire cela, je serais perdue... mais, dans le fond du cœur, je vous estime et je vous plains.
SILVIA
Hélas! c'est que vous êtes un boa cœur. J'ai bien soupiré, mon cher Arlequin.
ARLEQUIN, tendrement»
M'aimez-vous toujours?
SILVU.
Si je VOUS aime! Gela se demande-t-il? est-co une question à faire?
FLAMINIA
Oh 1 pour cela, je puis vous certifier sa tendresse. Je l'ai vue au désespoir, je l'ai vue pleurer de votre absence ; elle m'a touchée moi-même. Je mourais d'envie de vous voir ensemble; vous voilà. Adieu, mes amis; je m'en vais, car vous m'attendrissez. Vous me faites tristement ressouvenir d'un amant que j'avais, et qui est mort. U avait de l'air d'Arlequin, et je ne l'oublierai jamais. Adieu, Silvia; on m'a mise auprès de vous, mais je ne vous desservirai point. Aimez toujours Arlequin, il le mérite ; et vous. Arlequin, quelque chose qui arrive, regardez-moi comme une amie, comme une personne qui voudrait pouvoir vous obliger; je ne négligerai rien pour cela.
ARLEQUIN
Allez, mademoiselle, vous êtes une fille de bien. Je suis votre ami aus^i, moi. Je suis fâché de la mort de votre amant; c'est bien dommage que vous soyez affligée, et nous aussi. (Fiaminia sort.)