LA DOUBLE INCONSTANCE, ACTE III, SCÈNE VIIL
merîez,etnous De nous verrons plus! Arlequin, ne m'en diles pas davantage; je m'enfuis.
ARLEQUIN
Restez.
FLABCmiÀ.
Laissez-moi aller; que ferons-nou3?
ARLEQUIN
Parlons raison.
FLAMINU.
Que vous dirai-je?
ARLEQUIN
C'est que mon amitié est aussi loin que la vôtre; elle est partie; voilà que je vous aime, cela est décidé, et je n'y comprends rien. Oufl
Quelle aventure!
ARLEQUIN
Je ne suis point marié, par bonheur.
FLAUINIA.
Il est vrai.
ARLEQUIN
Silvia se mariera avec b prince, et il sera content.
FLAlflNU.
Je n'en doute point.
ARLEQUIN
Ensuite, puisque notre cœur s'est mécompte et que nous nous aimoos par mégarde, nous prendrons patience, et nous nous accommoderons à Tavenant.
FLAMINIA
J'entends bien ; vous voulez dire que nous nous marierons ensemble?
ARLEQUIN
Vraiment oui ; est-ce ma faute, à moi? Pourquoi ne m'avertissiez-vous pas que vous m'attraperiez et que vous seriez ma maîtresse?
FLAMINIA
M'avez-vous avertie que vous deviendriez mon amant?
Morbleu! le devinais-je?
FLAMINIA
Vous étiez assez aimable pour le deviner.
ARLEQUIN
Ne nous reprochons rien ; s'il ne tient qu'à être aimable, vous avez plus de tort que moi.
FLAMINIA
Ëpousez-moi, j'y consens; mais il n'y a point de temps à perdre, et je crains qu'on ne vienne m'ordonner de sortir.
ARLEQUIN
Ah ! je pars pour parler au prince. Ne dites pas à Silvia que je vous aime; elle croirait que je suis dans mon tort, et vous savez que je suis innocent. Je ne ferai semblant de rien avec elle; je lui dirai que c'est pour sa fortune que je la laisse là.
FLAMINU.
Fort bien; j'allais vous le conseiller.
ARLEQUIN
Attendez, et donnez-moi votre main que je la baise... Qui est-ce qui aurait cru que j'y prendrais tant de plaisir? cela me confond. (U lorr.)