‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 617 sur 1238 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

SGËNE I

[La tcbu représente viie talie o& la prinutu entre rêveuie^ •ccvmpoçnée de quelqueê femmes qui e^ arrêtent au mi" Hemdutbiâtre.)

U PRINCESSE, HORTENSE, suite db la

PRINCESSE

lA PBIKCBSSK, ie tournant vert ses femmes, HoHense De vient point; qu^on aille lui dire encore que je Tat tends avec impatience... Je vous demandais, Horlense.

HORTENSE

Vous me paraissez bien agitée, madame.

LA PRINCESSE, à $es femmes.

Laissez-nous.

LA PRLNCESSE, HORTENSE.

LA PRINCESSE

Ma chère Hortense, depuis un an que vous êtes absente, il m'est arrivé une grande aventure.

HORTENSE

Bier au soir en arrivant, quand j'eus Thonneur de vous revoir, vous me parûtes aussi tranquille que tous Tétiez avant mon départ.

LA PRINCESSE

Je vous parus hier ce que je n'étais pas ; mais nous avions des témoins, et d'ailleurs vous aviez besoin de repos.

HORTENSE

Que vous est-il donc arrive, madame? Car je compte que mon absence n'aura rien diminué de vos bontés et de la confiance que vous aviez en moi.

LA PRINCESSE

Non, sans doute. Le sang nous unit; je sais votre attachement pour moi, et vous me serez toujours chère; mais j'ai peur que vous ne condamniez mes faiblesses.*

HORTENSE

Moi, madame, les condamner! Eh! n'est-ce pas un défaut que de n'avoir point de faiblesses? Que ferions-nous d'une personne parfaite? A quoi nous serait-elle bonne? Entendrait-elle quelque chose à nous et à notre cœur? Quel service pourrait-elle nous rendre avec sa raison ferme et sans quartier, qui ferait main-basse sur tous nos mouvements? Croyez- moi, madame; il faut vivre avec les autres, et avoir du moins moitié raison et moitié folie, pour lier commerce. Avec cela vous nous ressemblerez un peu ; car pour nous ressembler tout à fait, il ne faudrait presque que de la folie; mais je ne vous en demande pas tant. Venons au fait : quel est le sujet de votre inquiétude?

LA PRINCESSE

J'aime; voilà ma peine.

HORTENSE

Que ne dites-vous : J'aime, voilà mon plaisir? car elle est faite comme un plaisir, cette peine que vous dites.

LA PRINCESSE

Non, je vous assure ; elle m'embarrasse beaucoup.

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