‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 748 sur 1238 · ARLEQUIN, COLETTE · texte numérisé non relu

ARLEQUIN, COLETTE

ARLEQUIN

Y'ià une éducation qui m'a coûté bien de la peine; achevons la vôtre, mademoiselle. Premièrement, je crois qu'il a raison, quand il vous appelle une mijaurée.

COLETTE

Eh pardi 1 il n'y a qu'à dire, je serai pus hardie; car je me relians à cette heure-ci. Tenez, ce n'était que mon frère qui m'en contait; dame! ça n'affriole pas. Mais, monsieur le chevalier, c'est une autre histoire; sa mine me platt; vous varrez, vous varrez comme ça me démène le cœur. Voulez-vous que je lui dise que je l'aime? ça me fera biaucoup de plaisir.

ARLEQUIN

Prrrr... comme elle y va! tout le sang de la famille court la poste. Patience, mon écolière; je vous disais donc quelque chose. Où en étionsnous?

COLETTE

A l'endroit où j'étais une mijaurée.

ARLEQUIN

Tout juste, et je concluais... mais je ne conclus plus rien; j'ajouterai seulement ce qui s'ensuiL Quand les révérences seront faites, vous aurez une certaine modestie, qui sera relevée d'une certaine coquetterie...

COLETTE

Je bouterai une pincée de chaque sorte; n'estce pas?

ARLEQUIN

Fort bien. Vous serez... timide.

COLETTE

Hélas I pourquoi ?

ARLEQUIN

Timide et galante.

COLETTE

Ah! j'entends, je bouterai deçà qui ne dit rian et qui n'en pense pas moins.

.L'aimable enfant! elle entend ce que je lui dis; et moi, je n'y comprends rien. (J7aiif.)Le chevalier

Page 1