L'HÉRITIER DE VILLAGE, SCÈNE XIL
continuera ; d'abord il ne sera que poli ; petit à petit il deviendra tendre.
COLETTE
Et moi qui le verrai venir, je m'avancerai à Tavenant.
ABLBQUIN.
Elle veut toujours avancer.
COLETTE
Je lui baillerai bonne espérance, et je pardrai mon cœur à proportion que j'aurai le sian.
ARLEQUIN
Ma foi, vous y êtes.
COLETTE
Oh I laissez-moi faire ; je saurai bien petit à petit manquer de courage, et pis en manquer encore davantage, et pis enfin n'en avoir pus.
ARLEQUIN
Il n'y a plus d'enfants I Mademoiselle, vous dira-t-il en vous abordant, vous voyez le plus humble des vôtres.
COLETTE
Et moi, je vous remarcie de votre humilité, ce H ferai-je.
Que vous êtes aimable! qu'on a de plaisir à vous contempler! ajoutera- t-il, en penchant la tête. Qu'il serait heureux de vous plaire, et qu'un cœur qui vous adore goûterait d'admirables félicités! Ah! ma chère demoiselle, quel tas de charmes F que d'appas! que d'agréments! votre personne en fourmille; ils ne savent où se mettre... Souriez mignardement là-dessus. (Colette $ourit,) Ah , ma déesse !puis-je espérer que vous aurez pour agréable la tendresse de votre amant?... Regardez-moi honteusement, du coin de l'œil, à présent.
COLETTE, Vimilant,
Gomme ça?
ARLEQUIN
Bon!... Ah! qu'est-ce que c'est que cela? tous me lorgnez d'une manière qui me transporte. Est-ce que vous m'aimeriez? Répondez. Je neveux qu'un pauvre petit mot. Soupirez à présent...
COLETTE
Bian fort?
ARLEQUIN
Non, d'un soupir étouffé.
COLETTE
Ah!
ARLEQUIN
Oh I après ce soupir-là il deviendra fou, il ne dira plus que des extravagances : quand vous verpez cela, vous vous rendrez; vous lui direz: je vous aime.
Tenez, tenez, le v'ià qui viant; je parie qu'il va me faire repasser ma leçon. Dame ! je sais à c't'heure quand il faudra que je me rende.
ARLEQUIN
Adieu donc ; je vous mets la bride sur le cou. [À pari,) Ouais ! je crois que mon cœur a cru ([ue je parlais sérieusement.
SGËNE XI