L'HÉRITIER DE VILLAGE, SCÈNE XV
COLIN
Il est vrai que je ne savons pas Tostographe ; mais, morgue ! je sommes tout à fait drôle. Quand je ris, c'est de bon cœur ; quand je chante, c'est pis qu'un marie, et des chansons j'en savons plein un boissieau. C'est toujours moi qui mène le branle, et pis je saute comme un cabri; et boute et t'en auras, toujours le pied en l'air; n'y a que moi qui liant, hors Mathuraine dà, qui est aussi une sauteuse haut comme une parche. La connaissez-vous? c'est une bonne criature, et moi aussi; tenez, je prends le temps comme il viant, et l'argeot pour ce qu'il vaut. Parlons de vous. Je sis riche, vous êtes belle; je vous aime bian, tout ça rime ensemble. Comment me trouvez-vous?
MADAME DAMfS.
n ne vous manque qu'un peu d'éducation, Colin.
COLIN
Morgue I l'appétit ne me manque pas, toujours; c'est le principal; et pis cette éducation, à quoi ça sart-il? Est-ce qu'on en aime' mieux? Je gage que non. Marions-nous ; vous en varrez la preuve. Vlà parler, ça.
MADAME DAMI8.
Je crois que vous m'aimerez; mais écoutez. Colin; il faudra vous conformer un peu à ce que je vous dirai. J'ai de l'éducation, moi, et je vous mettrai au fait de bien des choses.
COLIN
Bian entendu, mais avec la parmission de votre éducation, dites-moi, suis-je pas aimable?
MADAME DAMIS
Assez.
COLIN
Assez! c'est comme qui dirait pas beaucoup; mais c'est que la confusion vous rend le cœur chiche. Baillez-moi votre main que je la baise ; ça vous mettra pus en train, (il lui baise ia main.)
MAOAMK DAMIS.
Doucement, Colin ; vous passez les bornes de la bienséance.
COLIN
Dame! je vais mon train, moi, sans prendre garde aux bornes; mais, morgue! dites-moi de la douceur.
MADAME DAMIS
Gela ne se doit pas.
COLIN
Eh bian I ça se prête, et je sis bon pour vous le rendre.
MADAME DAMIS
En vérité, l'Amour est un grand maître I il a déjà rendu ses simplicités agréables.
COUN
Boni v'ià une belle bagatelle ! voirementl vous en varrez bian d'autres.