LE TRIOMPHE DE PLUTUS, SCÈNE VIII
de s'établir ici. Il est d'ailleurs homme de mérite.
PLUTUS
Homme de mérite, luil II n*a pas le sou.
ÀBMIDAS.
Si cela est, c'est un grand défaut; et je suis bien aise que vous m'ayertissiez. Mais, monsieur, peut-on vous demander de quelle profession vous
ôles?
- - PtUTUS.
Moi, j'ai des millions de père en fUs; voila mon principal métier, et par amusement je fais un gros commerce, qui me rapporte des sommes considérables, et tout cela pour me divertir, commejevous dis. Ce gain-là sera pour les menus plaisirs de ma femme. Au reste, je prouverai sur table, au moins. Voilà ce qu'on appelle avoir du mérite, de l'esprit et de la taille, qui ne me manquent pourtant pas, ni l'un ni l'autre. Est*ce que, si vous étiez ÛUe à marier, ma figure romprait le marché? On voit bien que je fais bonne chère ; mon embonpoint fait réloge de ma table. Vraiment ! si j'épouse mademoiselle Aminte, je prétends bien que dans six mois vous soyez plus en chair que vous n'êtes. Voilà un menton qui triplera, sur ma parole; et puis du ventre].. .
ABMIDAS.
Votre humeur me convient à merveille.
PLUTUS
Elle est aussi commode que ma fortune:
ABMIDAS.
Et je parlerai à ma nièce, je vous assure ; je suis garant qu'elle se conformera à mes volontés.
PLUTUS
Pardi! un homme comme moi, c'est un trésor.
ABMIDAS.
La voilà qui vient. Si vous le voulez bien, après le premier compliment, vous nous laisserez un moment ensemble, et vous irez vous rafraîchir chez moi en attendant.