LE TRIOMPHE DE PLUTUS, SCÈNE IX
▲BMIDAS.
Ha nièce, cet homme qae vous trouvez si ridicule, encore une fois, je ne puis l*estimer assez,
8PINETTR.
Faut-il vous dire tout ? II vous a déjà vue en pas* sant par ici, il vous aime ; il n*est revenu que pour vous revoir. Savez-vous bien par où il a débuté avec moi afin de m'intéressera son amour? Tenez, que dites-vous de cette bague-là?
AXINTB.
Gomment ! elle est Tort jolie. D*où cela te vient-il?
ARMIDAS.
Gageons qu'il te Ta donnée?
SPINETTE
De la meilleure grâce du monde.
AMINTE
Sur ce pied-là, je Tavoue, on ne saurait lui disputer le titre d'homme généreux et magnifique.
ARMIDAS.
Sais-tu bien, ma nièce, que monsieur Richard fait un commerce étonnant qui lui procure des biens immenses? Devine à quoi il destine ce gain?
AMINTE
Quoi? à bâtir?
ARMIDAS.
 tes menus plaisirs.
AMINTE
11 faut tomber d'accord que vous me contez là des espèces de fables.
ARMIDAS.
Tu ne sais pas? J'ai vendu cette terre dont je destinais l'argent pour te marier.
AMINTE
Est-ce que vous ne le voulez plus, mon cher oncle ?
Bon I il est bien question de cela ! G'est monsieur Richard qui a acheté la terre sans l'avoir vue, sur ma parole, au prix que je demandais, sans hésiter. Tenez, m'a-t-il dit, vous voilà payé. En effet, voici les billets que j'en ai reçus.
AMINTE
Ah I quel dommage qu'un homme d'une si brillante fortune soit si rustique!
ARMIDAS.
Luij rustique 1
SPINBTTE.
Monsieur Richard, rustique I
AMINTE
Ah I vous conviendrez qu'il n'a point d'esprit, et qu'il est d'une figure épaisse.
8PINETTE.
G'est une épaisseur qui ne vient que d'embonpoint.
ARMIDAS.
Allons, allons ; Rrgaste disparaît au prix de cela ; sans compter qu'il a le caractère un peu gascon.
AMINTE
Mais, mon oncle, le rival que vous lui substituez
est bien grossier ; cela m'arrête, car je me pique de quelque délicatesse.
8PINBTTB.
Eh ! mort de ma vie, grossier! Et moi je vous dis qu'il a autant d'esprit qu'un autre, mais qu'il ne veut s'en servir qu'à sa commodité.