‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 770 sur 1238 · ARMIDAS, SPINETTE, AMINTE, ARLEQUIN · texte numérisé non relu

ARMIDAS, SPINETTE, AMINTE, ARLEQUIN

ARMIDAS.

Que nous veux-tu. Arlequin?

ARLEQUIN

Je venais, ne vous en déplaise, monsieur, m'acquitter d'une petite commission auprès de mademoiselle Aminte.

AMINTE

Eh bien I de quoi s'agit-il ?

ARLEQUIN

Oh ! mais, je n'oserais parler à cause de rnoosieur ; cependant, comme je suis hardi de mon naturel, si vous me laissez faire, j'aurai bientôt dit.

ARMIDAS.

Parle; voilà qui est bien mystérieux I

ARLEQUIN

C'est que j'ai des louis d'or dans ma poche à qui j'ai promis de vous recommander monsieur Richard, ma belle demoiselle.

SPINETTE

Oh I vraiment ! à propos! ses libéralités se sont aussi étendues sur Arlequin.

Il m'a fait l'honneur de me demander ma protection auprès de vous ; et, ma foi, il l'a bien payée ce qu'elle vaut.

ARMIDAS.

Gela est étonnant.

ARLEQUIN

G'est lui qui m'a payé les gages que monsieur Ergaste me doit; cela est bien honnête.

SPINETTE

J'étais témoin de tout ce qu'il vous dit là

ARLEQUIN

Je l'épouse aussi, moi ; cela est résolu.

ARMIDAS.

Qu'appelles-tu, tu l'épouses?

ARLEQUIN

Oui, je me donne à lui ; il m'a déjà fait les présents de noce.

ARMIDAS.

Ma nièce, il ne faut point que cet homme-là vous échappe.

• ARLEQUIN

Il vous aime comme un perdu ; il est drôle, bouffon, gaillard. Il dit toujours : Tiens, prends; et ne dit jamais: Rends. Il a une face de jubila*

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