ARMIDAS, SPINETTE, AMINTE, ARLEQUIN
ARMIDAS.
Que nous veux-tu. Arlequin?
ARLEQUIN
Je venais, ne vous en déplaise, monsieur, m'acquitter d'une petite commission auprès de mademoiselle Aminte.
AMINTE
Eh bien I de quoi s'agit-il ?
ARLEQUIN
Oh ! mais, je n'oserais parler à cause de rnoosieur ; cependant, comme je suis hardi de mon naturel, si vous me laissez faire, j'aurai bientôt dit.
ARMIDAS.
Parle; voilà qui est bien mystérieux I
ARLEQUIN
C'est que j'ai des louis d'or dans ma poche à qui j'ai promis de vous recommander monsieur Richard, ma belle demoiselle.
SPINETTE
Oh I vraiment ! à propos! ses libéralités se sont aussi étendues sur Arlequin.
Il m'a fait l'honneur de me demander ma protection auprès de vous ; et, ma foi, il l'a bien payée ce qu'elle vaut.
ARMIDAS.
Gela est étonnant.
ARLEQUIN
G'est lui qui m'a payé les gages que monsieur Ergaste me doit; cela est bien honnête.
SPINETTE
J'étais témoin de tout ce qu'il vous dit là
ARLEQUIN
Je l'épouse aussi, moi ; cela est résolu.
ARMIDAS.
Qu'appelles-tu, tu l'épouses?
ARLEQUIN
Oui, je me donne à lui ; il m'a déjà fait les présents de noce.
ARMIDAS.
Ma nièce, il ne faut point que cet homme-là vous échappe.
• ARLEQUIN
Il vous aime comme un perdu ; il est drôle, bouffon, gaillard. Il dit toujours : Tiens, prends; et ne dit jamais: Rends. Il a une face de jubila*