‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 813 sur 1238 · V. ORGON · texte numérisé non relu

V. ORGON

Ne l'avons-nous pas vu se mettre à genoux malgré toi? N'as-tu pas été obligée, pour le faire lever, de lui dire qu'il ne te déplaisait pas?

SILVIA, à pari.

J'étoufTe!

Encore a-t-il fallu, quand il t'a demandé si tu l'aimerais, que tu aies tendrement ajouté, Yolon* tiers; sans quoi il y serait encore.

SILVIA

L'heureuse apostille^ mon frère! Mais comme l'action m'a déplu, la répétition n'en est pas aimable. Ah çà! parlons sérieusement : quand finira la comédie que vous*vous donnez sur mon compte?

M. ORGON

La seule chose que j'exige de toi, ma fille, c'est de ne te déterminer à le refuser qu'avec connaissance de cause : attends encore; tu me remercieras du délai que je demande, je t'en réponds.

MARIO

Tu épouseras Dorante, et môme avec inclination, je te le prédis... Mais, mon père, je vous demande grâce pour le valet.

SILVIA

Pourquoi grâce? Et moi je veux qu'il sorte.

M. ORGON

Son maître en décidera : allons-nous-en.

MARIO

Adieu, adieu, ma sœur; sans rancune.

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