‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 820 sur 1238 · SILVIA, DORANTE, MARIO · texte numérisé non relu

SILVIA, DORANTE, MARIO

MARIO

Ah! te voilà, Lisette?

SILVlA.

Qu'avez-vous, monsieur? Vous me paraissez ému.

Ce n'est rien; je disais un mot à Bourguignon.

SILVIA

Il est triste : est-ce que vous le querelliez?

DORANTE

Monsieur m'apprend qu'il vous aime, Lisette.

SILVIA

Ce n'est pas ma faute.

DORANTE

£t me défend de vous aimer.

SILVIA

11 me défend donc de vous paraître aimable.

MARIO

Je ne saurais empêcher qu'il ne t'aime, belle Lisette ; mais je ne veux pas qu'il te le dise.

SILVIA

Il ne me le dit plus, il ne fait que me le réétcr.

MARIO

Du moins ne te le répétcra-t-il pas quand je serai présent. Retirez-vous, Bourguignon.

DORANTE

J'attends qu'elle me l'ordonne.

Encore?

SILYIA.

Il dit qu'il attend; ayez donc patience.

DORANTE

Avez- vous de l'inclination pour monsieur?

SILVIA

Quoi, de l'amour? Oh ! je crois qu'il ne sera pas nécessaire qu'on me le défende.

DORANTE

Ne me trompez-vous pas?

MARIO

En vérité, je joue ici un joli personnage: qu'il sorte donc? à qui est-ce que je parle?

DORANTS.

A Bourguignon, voilà tout.

MARIO

Eh bien ! qu'il s'en aille.

DORANTE^ à part.

Je souffre.

SILVIA

Cédez, puisqu'il se fâche.

DORANTE, bas, à Siivia.

Vous ne demandez peut-être pas mieux ?

Allons, finissons.

DORANTE

Vous ne m'aviez pas dit cet amour-là, Lisette

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