LE TRIOMPHE DE L'AMOUR, ACTE II, SCËNE III
ARLEQUIN
Hélas ! il n*y a plas de mystère ; il m*a fait causer avec une attrape.
Quoi I malheureux! tu lui as dit qui j'étais?
ARLEQUIN
(1 n*y a pas une syllabe de manque.
PHOCION
Ah ciel !
DIlfAS.
Je savons la parte de voûte cœur, et Tcscamotage de ceti-là d'Agis ; je savons son argent; il n'y a que ceti-là qi'il m'a proumis que je ne savons pas encore.
PHOCION
Corine, c'en est fait, mon projet est renversé.
HERMIDAS.
Non, madame, ne vous découragez point. Dans votre projet vous avez besoin d'ouvriers, il n'y a qu'à gagner aussi le jardinier; n'est-il pas vrai, Dimas ?
DIlfAS.
Je sis tout à fait de voûte avis, mademoiselle.
HERMIDAS.
Eh bien I que faut-il pour cela?
DIMÀS.
11 n'y a qu'à m'acheter ce que je vaux.
ARLEQUIN
Le fripon ne vaut pas une obole.
Ne tient-il aussi qu'à cela, Dimas? Prends toujours d'avance ce que je te donne là, et si tu te tais, sache que tu remercieras toute ta vie le ciel d'avoir été associé à cette aventure-ci ; elle est plus heureuse pour toi que tu ne saurais te l'imaginer.
DIMAS
Conclusion, madame, me velà vendu.
ARLEQUIN
Et moi, me voilà ruiué ; car, sans ma peste de langue, tout cet argent-là arrivait dans ma poche, et c'est de mes deniers qu'on achète ce vaurien-là.
PHOCION
Qu'il vous suffise que je vous ferai riches tous deux. Mais parlons de ce qui m'amenait ici, de ce qui m'inquiète. Hermocrate m'a promis tantôt de me garder quelque temps ici ; cependant je crains qu'il n'ait changé de sentiment ; car il est actuellement en grande conversation sur mon compte, avec Agis et sa sœur, qui veulent que je reste. Dis-moi la vérité. Arlequin; ne t'est-il rien échappé avec lui de mes desseins sur Agis? Je te cherchais pour savoir cela ; ne me cache rien.
ARLEQUIN
Non, par ma foi, ma belle dame ; il n'y a que ce vieux routier-là qui m'a pris comme avec un filet.
DIMAS
Morgue ! l'ami, faut que la prudence vous coupe à présent la langue sur tout çaC
Si tu n'as rien dit, je ne crains rien. Vous saurez de Corine à quoi j'en suis avec le philosophe et avec sa sœur. Quant à vous, Corine, puisque Dimas est des nôtres, partagez entre Arlequin et lui ce qu'il y aura à faire. Il s'agit à présent d'entretenir les dispositions du frère et de la sœur.
HERMIDAS.
Nous réussirons, ne vous inquiétez pas.
PHOCION
J'aperçois Agis ; vite, retirez-vous, vous autres ; surtout prenez garde qu'Hermocrate ne nous surprenne ensemble.