AGIS, PHOCION
AGIS
Je VOUS cherchais, mon cher Phocion, et tous me voyez inquiet. Hermocrate n'est plus si disposé à consentir à ce que vous souhaitez. Je n'ai encore été mécontent de lui qu'aujourd'hui ; il n'allègue rien de raisonnable. Ce n'est point encore moi qui Tai pressé sur votre chapitre ; j'étais seulement présent quand sa sœur lui a parlé pour vous. Elle n'a rien oublié pour le déterminer, et je ne sais ce qu'il en fera ; car une affaire qui demandait Hermocrate, et qui l'occupe actuellement, a interrompu leur entretien. Mais, cher Phocion, que ce que je vous dis là ne vous rebute pas ; pressez-le encore, c'est un ami qui vous en conjure. Je lui parlerai moimême, et nous pourrons le vaincre.
PHOCION
Quoi! vous m'en conjurez. Agis? Vous trouvez donc quelque douceur à me voir ici ?
Je n'y attends plus que l'ennui, quand tous n'y serez plus.
PHOCION
Il n'y a plus que vous aussi qui m'y arrêtiez.
AGIS
Votre cœur partage donc les sentiments du mien?
PHOCION
Mille fois plus que je ne saurais vous le dire.
AGIS
Laissez-moi vous en demander une preuve. Voilà la première fois que je goûte le charme de l'amitié; vous avez les prémices de mon cœur; ne m'apprenez point la douleur que l'on ressent à perdre son ami.
PHoaoN.
Moi, vous l'apprendre, Agisl Eh! le pourrais-je sans en être la victime?
AGIS
Que je suis touché de votre réponse! Ëcoutez le reste ; souvenez-vous que vous m'avez dit qu'il ne