‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 857 sur 1238 · LE TRIOMPHE DE L'AMOUR, ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

LE TRIOMPHE DE L'AMOUR, ACTE II, SCÈNE V

AGIS

Je ne vous le conseille pas, madame ; il faut que le cœur et la main se suivent. J'ai toujours entendu dire que le sort le plus triste est d*ôlre uni avec ce qu'on n'aime pas; que la vie alors est un tissu de langueurs ; que la vertu même, en nous secourant, nous accable. Mais peut-être sentezvous que vous aimerez volontiers celui qu'on vous propose.

PHOCION

• Non, seigneur; ma fuite en est une preuve.

Prenez-y donc garde, surtout si quelque secret penchant vous prévenait pour un autre; car peutêtre aimez-vous ailleurs, et ce serait encore pis.

PHOaON.

Non, vous dis-je. Je vous ressemble; je n'ai jusqu'ici senti mon cœur que par l'amitié que j*ai eue pour vous ; et si vous ne me retiriez pas la vôtre, je ne voudrais jamais d'autre sentiment que celui-là.

AGIS

Sur ce pied-là, ne vous exposez pas à revoir la princesse ; car je suis toujours le même.

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