LE TRIOMPHE DE L'AMOUR, ACTE III, SCÈNE V
DIUAS.
Tavons fait un cloufTemenl de conscience (^ui était bian difficile, et qui est bian méritoire.
ARLBQUIN.
Tantôt vous étiez garçon, ce qui n*étaît pas vrai ; tantôt vous étiez une fille, ce que nous ne savons pas.
OIMAS.
Des amours pour sli-ci, et pis pour stelle-là. J'avons jeté voûte cœur à tout le monde, pendant qu'il n'était à parsonne de tout ça.
•ARLEQUIN
Des portraits pour attraper des visages que vous donneriez pour rien, et qui ont pris le barbouillage de leur mine pour argent comptant.
PHOCION
Mais achevez-vous? Où cela va-t-il?
•OIMAS.
Voutc manigance est bientôt finie. Combian voulez-vous bailler de la finale?
PHOCION
Que veux-tu dire?
Achetez le reste de Taventure; nous la vendrons à un prix raisonnable.
DIHAS.
Faîtes marché avec nous^ ou bian je rompons tout.
PHOCION
Ne vous ai-je pas promis de faire votre fortune?
DIMAS
Eh bian I baillez-nous voûte parole en argent comptant. »
ARLEQUIN
Oui: car quand on n*a plus besoin des fripons, on les paie mal.
PHOaON.
Mes enfants, vous êtes des insolents.
DIMAS
Ohl ça se peut bian.
ARLEQUIN
Nous tombons d'accord de Tinsolence.
PHOCION
Vous me fâchez, et voici ma réponse. C'est que, si vous me nuisez, si vous n'êtes pas discrets, je vous ferai expier votre indiscrétion dans un cachot. Vous ne savez pas qui je suis, et je vous avertis que j'en ai le pouvoir. Si, au contraire, vous gardez le silence, je tiendrai toutes les promesses que je vous ai faites. Choisissez. Quant à t)résent, retirez-vous, je vous l'ordonne ; réparez votre faute par une prompte obéissance.
DIMAS, d Arlequin.
Que ferons-je, camarade? Aile me baille de la peur; contiouerons-je l'insolence?
ARLEQUIN
Non, c*est peut-être le chemin du cachot; et
j'aime encore mieux rien que quatre murailles. Partons.