‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 887 sur 1238 · PHOCION, AGIS · texte numérisé non relu

PHOCION, AGIS

PHOCION, à part.

J'ai bien fait de les intimider. Mais voici Agis.

AGIS

le vous retrouve donc, Aspasie, et je puis un moment vous parler en liberté. Que n'ai-je pas souffert de la contrainte où je me suis vu! J'ai presque haï Hermocrate et Léontine de toute l'amitié qu'ils vous marquent ; mais qui est-ce qui ne vous aimerait pas? Que vous êtes aimable, Aspasie, et qu'il m'est doux de vous aimer !

PHOCION

Que je me plais à vous Tentendre dire, AgisI Vous saurez bientôt, à votre tour, de quel prix votre cœur est pour le mien. Mais, dites-moi ; cette tendresse, dont la naïveté me charme, est-elle à répreuve de tout? Rien n'est-il capable de me la ravir?

Non I je ne la perdrai qu'en cessant de vivre.

râocioN.

Je ne vous ai pas tout dit, Agis ; vous ne me connaissez pas encore.

AGIS

Je connais vos charmes; je connais la douceur des sentiments de votre âme ; rien ne peut m'arracher à tant d'attraits, et c'en est assez pour vous adorer toute ma vie.

PHOCION

0 dieux! que d'amour! Mais plus il m'est cher, et plus je crains de le perdre. Je vous ai dissimulé qui j'étais, et ma naissance vous rebutera peutêtre.

AGIS

Hélas! vous ne savez pas qui je suis moi-même, ni tout l'effroi que m'inspire pour vous la pensée d'unir mon sort au vôtre. 0 cruelle princesse, que j'ai de raisons de te haïr!

PHOCION

Eh ! de qui parlez-vous, Agis? Quelle princesse haïssez-vous tant?

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