ÉRASTE, LISETTE
Oui, TOUS voilà fort bien déguisé^ et avec cet habit-là, vous disant mon cousin, je crois que VOUS pouvez paraître ici en toute sûreté. Il n'y a que votre air qui n*est pas trop d*accord avec la livrée,
ÉRASTB.
Il n*y a rien à craindre. Je n*ai pas même, en entrant, fait mention de notre parenté. J'ai dit que*je voulais te parler, et Ton m'a répondu que je te trouverais ici, sans m*en demander davantage.
LISETTE
Je crois que vous devez être content du zèle avec lequel je vous sers. Je m'expose à tout, et ce que je fuis pour vous n*est pas trop dans Tordre; mais vous êtes un honnête homme, vous aimez ma jeune maltresse, elle vous aime. Je crois qu'elle sera plus heureuse avec vous qu'avec celui que sa mère lui destine, et cela calme un peu mes scrupules.
ÉRASTE
Elle m'aime, dis-tu, Lisette? Puis-je me flatter d'un si grand bonheur? Moi qui ne l'ai vue qu'en passant dans nos promenades, qui ne lui ai prouvé mon amour que par mes regards, et qui n'ai pu lui parler que deux fois pendant que sa mère s'écartait avec d'autres dames; elle m'aime?
LISETTE
Très-tendrement. Hais voici un domestique de la maison qui vient; c'est Frontin qui ne me hait pas; faites bonne contenance.