‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 898 sur 1238 · FRONTIN, LISETTE, ÉRASTE · texte numérisé non relu

FRONTIN, LISETTE, ÉRASTE

Ahl te voilà Lisette I Avec qui es-tu donc là?

LISETTE

Avec un de mes parents qui s'appelle La Ramée, et dont le maître, qui est ordinairement eu province, est venu ici pour affaire ; il profite du séjour qu'il y fait pour me voir.

FRONTIN

Un de tes parents, dis-tu?

LISETTE

Oui.

FRONTIN

C'est-à-dire un cousin?

LISETTE

Sans doute.

FBONTIN.

Huml il a l'air d'un cousin de bien loin; il n'a point la tournure d'un parent, ce garçon-là.

USBTTB.

Qu'est-ce que tu veux dire avec ta tournure ?

FRONTIN

Je veux dire que ce n'est, par ma foi, que de la fausse monnaie que tu me donnes, et que si le diable emportait ton cousin il ne t'en resterait pas un parent de moins.

ÉRASTE

Et pourquoi pensez- vous qu'elle vous trompe?

Hum! quelle physionomie de fripon! Mons de La Ramée, je vous avertis que j'aime Lisette, et que je veux l'épouser tout seul. *

LISETTE

n est pourtant nécessaire que je lui parle pour une affaire de famille qui ne te regarde pas.

FRONTQf.

Oh! parbleu, que les secrets de ta famille s*aecommodent; moi, je reste.

LISETTE

Il faut prendre son parti. Frontin!

FRONTUr.

Après?

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