SCÈNE XX
LES PRÉCÉDENTS, FRO^Tl^, et autres domestiques avec
des bougies,
M. DAMIS , démasqué j û madame Argante^ et en riant.
Vous voyez bien qu'on ne me recevrait pas au couvent.
MADAME ARGANTE
Quoi ! c'est vous, monsieur ? (A Éraste.) Et ce fripon-là, que fait-il ici ?
M. DAMIS
Ce fripon-là, c'est mon fils, à qui, tout bien examiné, je vous conseille de donner votre fille.
MADAME ARGANTE
Votre fils I
M. DAMIS
Lui-même. Approchez, Éraste; tout ce que j'ai entendu vient de m'ouvrir les yeux sur l'imprudence de mes desseins. Conjurez madame de vous être favorable; il ne tiendra pas à moi qu'Angélique ne soit votre épouse.
ÉRASTE, se jetant aux genoux de son père.
Que je vous ai d'obligation, mon père! Nous pardon nerez-vous, madame, tout ce qui vient de se passer?
ANGÉLIQUE, embrassant les genoux de madame Argante, Puis-je espérer d'obtenir grâce ?
M. DAMIS
Votre fille a tort; mais elle est vertueuse, et à votre place je croirais devoir oublier tout et me rendre.
MADAME ARGANTE
Allons, monsieur, je suivrai vos conseils, et me conduirai comme il vous plaira.
M. DAMIS
Sur ce pîed-Ià, le divertissement dont je prétendais vous amuser, servira pour mon ûls.
DIVERTISSEMENT
Vous, qui sans cesse à vos fillettes Tenez de sévères discours (bis).
Mamans, de Terreur où vous êtes
Le dieu d*amour se rit, et se rira toujours (bis).
Vos avis sont prudents, vos maximes sont sages;
Mais, malgré tant de soins, malgré tant de rigueur. Vous ne pouvez d*un jeune cœur Si bien fermer tous les passages,
Qu'il n*en reste toujours quelqu*un pour le vainqueur.
Vous, qui sans cesse, etc.