L'ÉCOLE DES MÈRES, DIVERTISSEMENT
VAUDEVILLE
Mère, qui tient un jeune objet Dans une ignorance profonde,
Loin du monde, Souvent se trompe en son projet.
Elle croit que l'Amour s'envole Dès qu'il aperçoit un Argus.
Quel abus!
Il faut l'envoyer à l'école.
La beauté, qui charme Damon, Se rit des tourments qu'il endure.
Il murmure; Moi, je trouve qu'elle a raison.
C'est un conteur de fariboles.
Qui n'ouvre point son coffre-fort.
Le butor!
Il faut l'envoyer à l'école.
Si mes soins pouvaient t'engager.
Me dit un jour le beau Syl vaudra.
D'un air tendre...
Que ferais-tu? dis-je au berger.
11 demeura comme une idole, Et ne répondit pas un mot.
Le grand sot !
Il faut l'envoyer à l'école.
Claudine, un jour dit à Lucas :
J'irai ce soir à la prairie ; Je vous prie
De ne point y suivre mes pas.
Il le promit, et tint parole.
Ah! qu'il entend peu ce que c'est -
Le benêt !
Il faut l'envoyer à l'école.
L'autre jour, à Nicole, il prit Une vapeur auprès de Biaise;
Sur sa chaise La pauvre enfant s'évanouit.
Biaise, pour secourir Nicole, Fut chercher du monde aussitôt.
I^ nigaud I Il faut l'envoyer à l'école.
L'amant de ] a jeune Philis Étant près de s'éloigner d'elle.
Chez la belle Il envoie un de ses amis.
Vas-y, dit-il, et la console.
Il se fie à son confident :
L'imprudent I Il faut l'envoyer à l'école.
Aminte, aux yeux de son barbon, A son grand neveu cherche noise;
La matoise Veut le chasser de la maison. * L'époux la flatte et la cajole, Pour faire rester son parent :
L'ignorant I Il faut l'envoyer à l'école.