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L'HEUREUX STRATAGÈME. ACTE I, SCÈNE IV

de la serrure si petit, qu'on ne peat rien voir à travers?

BLAISK.

Morgue ! tant pis.

DORAKTE.

Tu ne peux donc être sûr que ce fût la comtesse?

ARLEQUIN

Si fait; car mes oreiJIes ont reconnu sa parole, et sa parole n'était pas là sans sa personne.

BLÀISB.

Ils ne pouviont pas se. dispenser d'être ensemble.

DORANTE

Eh bien I que se disaient-ils?

ARLEQUIN

Hélas ! je n'ai retenu que les pensées, j'ai oublié les paroles.

DORANTE

Dis-moi donc les pensées.

ARLEQUIN

Il faudrait en savoir les mots. Mais, monsieur, ils étaient ensemble, ils riaient de toute leur force; ce vilain chevalier ouvrait une bouche plus large... Ah! quand on rit tant, c'est qu'on est bien gaillard.

BLAISE

Eh bien! c'est signe de joie; velà tout.

ARLEQUIN

Oui ; mais cette joie-là a l'air de nous porler malheur. Quand un homme est si joyeux, c'est tant mieux pour lui, mais c'est toujours tant pis pour un autre. {Montrant son maitre.) Et voilà justement l'autre!

DORANTE

Eh ! laisse-nous en repos. As-tu dit à la marquise que j'avais besoin d'un entretien avec elle?

ARLEQUIN

Je ne me souviens pas si je le lui ai dit; mais je sais bien que je devais le lui dire.

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