‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 946 sur 1238 · L'HEUREUX STRATAGÈME, ACTE I, SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

L'HEUREUX STRATAGÈME, ACTE I, SCÈNE XVII

lE CHEVALIER.

Dès que je Taime, tout est dit; épargne ma modestie.

Ce n'est pas ta modestie que jMnterroge ; car elle est gasconne. Parlons simplement. T'aimet-elleî

LE CHEVAUBR.

Ehl oui, té dis-je. Ses yeux ont déjà là-dessus entamé la matière; ils mé sollicitent lé cœur, ils démandent réponse. Mettrai-je bon au bas de la réquête? C^est ton agrément que j'attends.

DORANTE

Je te le donne à charge de revanche.

LE CHEVALIER

Avec qui la revanche?

DORANTE

Avec de beaux yeux de ta connaissance qui me sollicitent aussi.

LE CHEVALIER

Les beaux yeux que la marquise porte?

DORANTE

Elle-même.

LE GHEVAUER.

Et rintérêt que tu mé soupçonnes d'y prendre, té gêne, té rétient?

DORANTE

Sans doute.

Va, je t'émancipe.

DORANTE

Je t'avertis que je l'épouserai, au moins.

LE CHEVALIER

Je t'informe que nous ferons assaut dé noces.

DORANTE

Tu épouseras la comtesse?

LE CHEVALIER

L'espérance dé ma postérité s'y fonde.

DORANTE

Et bientôt?

LE CHEVALIER

Demain, peut-être, notre célibat expire.

DORANTE, embarratté.

Adieu; j'en suis fort ravi.

LE CHEVALIER, lui tendant la maîii.

Touche là; té suis-je cher?

DORANTE

Ah! oui...

LE CHEVALIER

Tu mé l'es sans mesure, je mé donne à toi pour un siècle. Cela passé, nous renouvellerons dé bail. Servi tur.

Oui, oui; demain.

LE CHEVALIER

Qu'appelles-tu démain? Moi, je suis ton servitur du temps passé, du présent et dé l'avenir. Toi dé même apparemment?

DORANTE

Apparemment. Adieu.

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