SCÈNE VI
LA COMTESSE, rêvant; LE CHEYAUER.
LE CBBYALIBR.
Il mé paraît que ma comtesse rêve, qu'elle tombé dans lé recueillement.
LA COMTESSE
Oui ; je vois la marquise et Dorante dans une affliction qui me chagrine. Nous parlions tantôt de mariage ; il faut absolument diiïérer le nôtre.
Différer lé nôtre!
îsX COMTESSE.
Oui, d'une quinzaine de jours.
LE CHEVALIER
Cadédis, vous mé parlez dé la fin du siècle! En vertu dé quoi la rémise?
LA COMTESSE
Vous n'avez pas remarqué leurs monvemenU comme moi?
LE CHEVALIER
Qu'ai-jé besoin dé rémarque?
LA COMTESSE
Je vous dis que ces gens-là sont outrés; vou ez- VOUS les pousser à bout? Nous ne sommes pas si pressés.
LE CHEVALIER
Si pressé que j'en meurs, sandis! Si lé cas requiert une victime, pourquoi mé donner la préférence?
LA COMTESSE
Je ne saurais me résoudre à les désespérer, chevalier. Faisons-nous justice ; notre commerc<; a un peu l'air d'une infidélité, au moins, to gens-là ont pu se flatter que nous les aimions; il faut les ménager. Je n'aime à faire de mal i personne : ni vous non plus, apparemment? Vous n'avez pas le coeur dur, je pense? Ce sont vos amis comme les miens ; accoutumons-les du moins à se douter de notre mariage.
Mais, pour les accoutumer, il faut que je vive; et je vous défie dé mé garder vivant; vous némé conduirez pas au terme. Tâchons dé les accoutumer à moins dé frais; la mode dé mourir pour la consolation dé ses amis n'est pas venue, et dé plus, que nous importe que ces deux affligés nous disent: Partez? Savez-vous qu'on dit qu'ils s•a^ rangent?
LA COMTESSE
S'arranger! De quel arrangement parlez-vous.
LE CHEVALIER
J'entends que leurs cœurs s'accommodent.
LA COMTESSE
Vous avez quelquefois des tournures si gasconnes, que je n'y comprends rien. Voulez-vous dire qu'ils s'aiment? Exprimez-vous comme un autre.