L'HEUREUX STRATAGÈME, ACTE II, SCÈNE VIL
LE CHEVALIER, baiêMnt le Ion, On né parle pas tout à fait d'amour, mais d'une petite douceur à se voir.
LA COMTESSE
D*une douceur à se voiri Quelle chimère! Où a-t-on pris celte idée-là? Eh bien! monsieur, si TOUS me prouvez que ces gens-là s'aiment, qu'ils sentent de la douceur à se voir, si vous me le prouvez, je vous épouse demain, je vous épouse ce soir. Voyez l'intérêt que je vous donne à la preuve.
LE CHEVALIER
Dé leur amour je né m'en rends pas caution.
LA COMTESSE
Je le crois. Prouvez-moi seulement qu'ils se consolent; je ne demande que cela.
LE CHEVALIER
En ce cas, irez-vous en avant?
LA COMTESSE
Oui, si j'étais sûre qu'ils sont tranquilles; mais qui nous le dira?
LE CHEVALIER. '
Je vous tiens, et je vous informe que la marquise a donné charge à Frontin dé nous examiner, dé lui apporter un état de nos cœurs ; j'avais oublié dé vous lé dire.
LA COMTESSE
Voilà d'abord une commission qui ne vous donne pas gain de cause. S'ils nous oubliaient, ils ne s'embarrasseraient guère de nous.
LE CHEVALIER
Frontin aura peut-être déjà parlé ; je né l'ai pas vu dépuis. Que son rapport nous règle.
LA COMTESSE
Je le veux bien.