‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 977 sur 1238 · FRONTIN, LE CHEVALIER, LISETTE, LA · texte numérisé non relu

FRONTIN, LE CHEVALIER, LISETTE, LA

COMTESSE

LE CHEVALIER

Eh! donc, ma comtesse, que devient Tamour? A quoi pense lé cœur? Est-ce ainsi que vous m'avertissez dé venir? Quel est lé motif dé Tabsencc que vous m'avez ordonnée? Vous né mé mandez pas, vous mé laissez en langur ; je mé mande moimôme.

LÀ COMTESSE

J'allais VOUS envoyer chercher, monsieur.

Lé messager m'a paru tardif. Que déterminezvous? Nos gens vont se marier; lé contrat se passe actuellement. N'userons-nous pas de la commodité du notaire ? Ils mé délèguent pour vous y inviter. Ratifiez mon impatience ; songez que l'amour gémit d'attendre, que les besoins du cœur sont pressés, que les instants sont précieux, que vous m'en dérobez d'irréparables, et que je meurs. Expédions.

LÀ COMTESSE

Non, monûeur le chevalier; ce n'est pas mon dessein.

LE CHEVALIER

Nous n'épouserons pas?

LÀ COMTESSE

Non.

LE CHKVÀLIER.

Qu'est-ce à dire, non?

LÀ COMTESSE

Non signifie non. Je veux vous raccommoder avec la marquise.

LE CHEVALIER

Avec la marquise! Mais c'est vous que j'aime, madame.

LÀ COMTESSE

Mais c'est moi qui ne vous aime point, monsieur. Je suis fâchée de vous le dire si brusquement; mais il faut bien que vous le sachiez.

Vous mé raillez, sandisi

LÀ COMTESSE

Je vous parle très-sérieusement.

LE CHEVÀUER.

Ma comtesse, finissons; point de badinageavec un cur qui va périr d'épouvanle.

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