L'HEUREUX STRATAGÈME, ACTE III, SCÈNE X
LA COMTESSE
Vous devez vous être aperçu de mes sentiments. J'ai toujours différé ]e mariage dont vous parlez, vous le savez bien. Comment n'avez-vous pas senti que je n'avais pas envie de conclure?
LE CHEVAUER.
Lé comble dé mon bonheur, vous Tavez remis à ce soir.
LA COMTESSE
Aussi le comble de votre bonheur peut-il ce soir arriver de la part de la marquise. L'avez-vous vue^ comme je vous l'ai recommandé tantôt?
LE CHEVALIER
Récommandé! Il n'en a pas été question, cadédis 1
Vous vous trompez, monsieur ; je crois vous ravoir dit.
LE CHEVALIER
Mais, la marquise et lé chevalier, qu'ont-ils à démêler ensemble?
LA COMTESSE
Us ont à s'aimer tous deux, de même qu'ils s'aimaient, monsieur. Je n'ai point d'autre parti à vous offrir que de retourner à elle, et je me charge de vous réconcilier.
LE CHEVALIER
C'est une vapeur qui passe.
LA COMTESSE
C'est un sentiment qui durera toujours.
LISETTE
Je vous le garantis éternel.
LE CHEVALIER
Frontin, où en sommes-nous?
FRONTIN
Mais, à vue de pays, nous en sommes à rien. Ce chemin-là n'a pas l'air de nous mener au gîte.
LISETTE
Si fait, par ce chemin-là vous pouvez vous en retourner chez vous.
LE CHEVALIER
Partirai-jé, comtesse? Sera-ce lé résultat?
* J'attends réponse d'une lettre; vous saurez le reste quand je l'aurai reçue. Différez votre départ Josque-là.