‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 985 sur 1238 · LA MÉPRISE, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

LA MÉPRISE, SCÈNE IL

ciant. Que je la trouvai charmaate I Je croyais, lui dis-je, partir demain, et voici la première Tois que je me promène ici; mais le plaisir d'y rencontrer ce qu'il y a de plus beau dans le monde, m*y ramèoera plus d'une fois.

FRONTIN

Le plaisir d'y rencontrer! Pourquoi ne pas dire l'espérance? C'aurait été indiquer adroitement un reodez-vous pour le lendemain.

ERGASTE

Oui; mais ce rendez- vous indiqué l'aurait peut- 6(re empêchée d'y venir par raison de fierté. Au lieu qu'en ne parlant que du plaisir de la revoir, c'était simplement supposer qu'elle vient ici tous les jours, etjui dire que j'en profiterais» saus rien m'altribuer de la démarche qu'elle ferait en y Yenant.

PROKTIN, regardant vers la emiHsse,

Tenez, tenez, monsieur, suis-je un bon traducteur du langage des œillades? Eh ! direz-vous que je rêve? Voyez- vous cette figure tendre et solitaire, qui se promène là-bas en attendant la mienne?

ERGASTE

Jecrois que tu as raison, etquec'estla suivante.

FRONTDÏ.

Je l'aurais défiée d'y manquer; je m'y connais. Retirez-vous, monsieur; ne gênez pointles intentions de ma belle. Promenez-vous d'un autre côté; je vais m'instruirede tout, et j'irai vous rejoindre.

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