‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 989 sur 1238 · LA MÉPRISE, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

LA MÉPRISE, SCÈNE IV

être qu*à la flo du jour od noua sommera d'épouser; c*est ce que j'ai pu juger d'après le discours de Lisette. Et la chose vaut la peine qu^on y pense. Clarice, fille de qualité, d'un côté; Lisette, fille de condition, de l'autre ; cela est bon. La race des Fronlins et des Ergastes ne rougira point de leur devoir son entrée dans le monde, et de leur donner la préférence.

ERCASTE.

Il faut que l'amour t'ait tourné la tète; explique^ toi donc mieux. Aurais-je le bonheur de ne pas déplaire à Clarice?

PRONTIN.

Ehl monsieur, comment vous expliquez-vous vous-même? Vous parlez du ton d'un suppliant; et c'est à nous que l'on présente requête. Je vous félicite, au reste ; vous avez dans votre victoire un accident glorieux que je n'ai pas dans la mienne. On avait juré de garder le célibat; vous triomphez du serment. Je n'ai point cet honneurlà, moi; je ne triomphe que d'une fille qui n'avait juré de rien.

Blt6ASTE.

Eh! dis-moi naturellement si l'on a du penchant pour moi.

FRONTIN

Oui, monsieur; la vérité toute pure est que je suis adoré, parce qu'avec moi cela va un peu vite; et quant à vous, vous êtes à la veille de l'être. Et je vous le prouve, car voiià votre future idolâtre qui vous cherche.

SBGASTS.

Écarte-toi.

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