RESPECT HUMAIN
donner des scènes an pabiic ? heureuse inconstance i^i vons dé- . tache d*un monde toujours flottant et \ncertain , pour tous atta* cher aux biens immuables que personne ne' pourra plus voujs ravir I Que Yous êtes insensé de renoncer aux plaisirs à votre âge? sainta folie plus sage que toute la sagesse du siècle, puisqu*en renonçant aux plaisirs, vous ne renoncez à rien, et qu'en trouvant Dieu , voi]|a trouvez tout ! Que vous ne vous soutiendrez pas , et que tel est la destin de toutes ces conversions si vives et si ferventes ? utiles reproches qui deviennent pour vous des instructions, et qui doivent animer votre vigilance! Que vous ne quittez le monde que parcf» que le monde vous quitte ? précieuse injustice qui vous empêche de recevoir ici-bas , dans les louanges des hommes , une vaine ré- . compense ! Que vous avez vos vues et vos desseins , et que vous ne jouez ce nouveau personnage que pour aller plus sûrement à yps fins ? soupçon plus honteux au monde qu*à vous-même I Que vous affectez des routes singulières qui voms donnent du ridicule dans le monde ? censure consolante qui vous déclare que vous suivez la route ' des Saints qui n'ont jamais ressemblé à la multitude, et qui ont été dans tou&ies siècles des hommes singuliers ! Enfin, que depnis votre changement , vous >B'êtes plus bon à rien ? mon Dieu ! mais vous servir, vous aimer «travailler à mériter votre possession éternelle ; remplir ses devoirs de prince, de sujet, d'homme public, de pêi^ de famille; prier pour ses frères» le& édifier par ses exemples^ lés secourir dans leurs besoins, les consoler dans leurs peines; marcher dans les ordonnanqas de yotreloi sainte, est-ce donc être inutile sur la terre; et les entreprises les plus éclatantes des amateurs du monde, comparées à une seule œuvre obscure digne de Téteroité ,. que son^elles , que des amusemens d*enfant , et une déplorable inutilité ?.. .
Voilà donc, mon cher Audit en r , ces discours si redoutables, et qui vous font abandonner l'entreprise de votre saint éternel ; et encore , je ne vquj$ demande pas qni les tient ces discours : ce ne sont pas sans doiite les gens de bien qui bénissent le Seigneur de ses- miséricordes snr votre ame; ce ne sont pas même lesplus s^ges d'enttre les mondains s devant lesquels la vertu a toujours son prix et son estime : c'est un petit ilombre d'esprits' frivoles 00 licencieux , et qui encore au fond du cœur , rendent gloire à la vertu , et ne peuvent lui refuser un respect secret , tandis même qu'ils en font le sujet de lenrs dérisions publiques. £t c'est ma dernière réflexion contre le vice que j'attaque ; il renferme une erreur injurieuse à la vertu , puisque vous vous la figurez comme une condition honteuse et toujonra méprisée ; au lieu que le monde lui-même la respecte et l'admire. Et c*ast ici l'injustice du respect humain.